• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition

    Les messes anthropes

    Marc Chevrier


    Paru dans L’Inconvénient, no 49, mai 2012, p. 41-50.


    Dans le texte qui l’a rendu célèbre, Règles pour le parc humain, le philosophe Peter Sloterdijk annonçait, en bon prédicateur des temps hypermodernes, la fin de l’éducation par le livre. Aurait donc expiré cette vieille lubie humaniste qui avait entraîné tant de générations lettrées à croire que la civilisation se fortifiait de la fréquentation assidue d’auteurs classiques. Jadis, en effet,la studia humanitatis naquit dans la résistance qu’opposèrent les amis de la lecture à la fureur bestiale des foules, enivrées de sensations fortes, dont l’amphithéâtre et ses jeux cruels offraient le spectacle sanglant. En ce sens, l’humanisme antique prenait part au « conflit médiatique », selonSloterdijk, entre le studium apprivoiseur et le théâtre hurlant des meutes. Les temps modernes
    auraient perpétué cette fiction humaniste à travers la nation – autre fiction qui aurait vécu selon le philosophe – tant et si bien que l’enseignement d’un « canon de lectures » obligatoire dans les écoles du pays devait former le citoyen comme le soldat. Mais selon Sloterdijk, « [l]a synthèse
    sociale n’est plus – pas même en apparence – essentiellement une affaire de livres et de lettres1 ». Et d’ajouter le philosophe, sans ambages, que les « nouveaux médias de la télé-communication politico-culturelle » ont assurément déclassé l’éducation littéraire. Il est désormais vain de fonder les grandes structures sociopolitiques de notre monde sur le modèle dépassé de la « société littéraire», sur le « schéma des amitiés de l’esprit ». En somme, le vieil humanisme est mort, il n’y adonc plus lieu de résister.

    Seulement, on a beau pronostiquer que les temps ont changé, que les médias audio-visuels domestiquent aujourd’hui les esprits, il demeure que les philosophes continuent toujours, comme au temps d’Homère, de penser par images. Ainsi Sloterdijk ne peut-il s’empêcher de mobiliser pour son propos l’image du troupeau; comme bien d’autres qui, après avoir goûté à la prose de Nietzsche, s’en prennent finalement à la figure du pasteur, incarnée par les prêtres et les enseignants,dont le paternalisme bienveillant aurait, dans la culture humaniste, camouflé le monopole de quelques-uns sur l’élevage du troupeau humain, au risque d’en rapetisser les membres ruminants,ainsi que le déclamait Zarathoustra descendu de sa montagne aux petits hommes tourmentés de vertu. À sa manière, Sloterdijk reformulait le reproche qui avait été fait à l’université, dans la foulée de mai 1968, de perpétuer la division de la société en deux classes, une classe de bourgeois gavés de lettres et d’idées générales, et une autre, laborieuse, vouée à la subsistance de l’ensemble2.
    Or, à tant opposer le pasteur et son troupeau, le studium et le cirque, on finit par oublier que le berger et ses moutons, l’académicien et l’amateur d’estrade, participent du même monde spatio-temporel où les hommes pensent, sentent et communiquent entre eux essentiellement par leurs cinq sens dans un vis-à-vis incessant avec autrui, que ce soit dans le rugissement des stades ou dans l’intimité d’une conversation lettrée en classe. Du reste, dans un monde où il y a encore des troupeaux, on se renifle, se coudoie, se toise, se jauge dans un espace partagé. Toutefois, les nouveaux médias audio-visuels rompent avec cette continuité et cette consistance sensorielles qui unissaient jadis le lettré et le barbare.

    Cette coupure sensori-spatiale pratiquée par les mass-médias n’a pas échappé justement àun grand lettré par sa formation, Marshall McLuhan, qui puisait ses intuitions brillantes dans la littérature, notamment dans l’oeuvre de James Joyce. Or, l’une des thèses centrales de l’analyste des médias, est que la civilisation avait longtemps été le produit de « l’instruction phonétique »,fondée sur la correspondance entre les sons de la parole et les signes linéaires de l’alphabet. Au fur et à mesure que les supports matériels de l’écriture se sont perfectionnés, du papyrus au livre imprimé, la mémoire et l’intelligence humaines se sont progressivement transférées sur un « vêtement » extérieur dont s’environnaient les hommes pour vivre, au prix de l’atrophie progressive de certains de leurs sens. L’arrivée des médias audio-visuels électroniques a toutefois révolutionné le rapport à l’espace, au temps et aux sens caractéristique de l’ancienne civilisation phonétique. « [A]vec la révolution électronique, nous redécouvrons une conscience tribale, intégrale, qui se manifeste par un complet changement de notre vie sensorielle3 ». En tant que vêtement technologique, l’ordinateur fonctionne comme une extension du cerveau humain, un substitut du toucher qui avait été marginalisé par la pratique de la lecture linéaire. En réalité, l’ordinateur agit sur lecerveau comme une « auto-mutilation », il procure un ersatz de stimuli en l’absence de stimuli provenant du monde spatio-sensoriel immédiat. Au moyen de l’ordinateur, les hommes renouent avec les formes primitives d’appréhension des choses, en les saisissant tout entière, plutôt que par l’analyse et la syntaxe de la phrase. Le vêtement informatique apparaît dès lors comme un tissu spongieux qui absorbe, par succion, toute la gamme des émotions humaines, qui ne nécessitent plus la discipline phonétique pour s’exprimer. Ce faisant, c’est toute son histoire que l’Homme confie à son armure électrique. « Du point de vue électronique, son histoire totale se trouve actuellement de façon potentielle dans une sorte de transparence simultanée qui nous transporte dans le monde de ce que Joyce nomme "le temps du néant philanthropique "4». Autrement dit, lesmédias électroniques feraient renaître l’homme pré-alphabétisé à la vision mythique et intégrale que la civilisation du livre croyait avoir dompté, à la différence que le nouveau primitif postindustriel n’évolue pas dans une nature sauvage mais dans un environnement programmé par l’Homme lui-même. En cela, sans doute, McLuhan annonce les conclusions de Sloterdijk; cependant,on comprend à lire le premier que les mass-médias ne forment, ni ne guident des troupeaux, puisque le branchement électrostatique des hommes au « cerveau planétaire » ne masse aucun d’eux dans un enclos où chacun se bouscule. De là à conclure que ce grand cerveau réticulaire est l’instrument d’une grande éducation anonyme sans pasteur ni troupeau, il n’y a qu’unpas, aisé à franchir, qui débouche sur de mirifiques horizons.

    C’est à l’un de nos poètes qu’il revient d’avoir dépeint l’utopie d’une nouvelle humanité libérée de ses vieilles entraves, de ses fictions littéraires et politiques, de ses fétiches trompeurs,des médiations imposées, des donations de sens unilatérales, de ses dieux vengeurs et charitables,où l’être humain avancerait dévêtu dans la clairière de l’universel communiant avec la Vie. Ce poète est Paul Chamberland qui a publié en 1980, en prévision du référendum de mai, Terre souveraine,un programme de libération du Kébékois, qui ferait de sa « terre de paix » un « laboratoire de la nouvelle humanité »5. Ce Kébékois libéré, ayant accédé à son humanité radicale et vitale,uni à sa matrie terrestre, Chamberland l’appelle l’anthrope – du grec anthrôpos. En reprenant le concept de souveraineté, qu’il accommode à sa manière, Chamberland esquisse dans son essai le projet de créer une Communauté kébékoise, à partir d’une vision cybernétique de présence à soi et au monde. Chamberland abaisse le politique et ses fictions conventionnelles au profit d’un social souverain, auto-fondé, qui communique avec lui-même grâce à l’informatique.
    L’anthrope kébékois serait ainsi libéré du leurre du politique comme des rôles sociaux établis. L’État ne disparaît pas, certes, il perd toutefois sa précédence et son surplomb ordonnateur pour devenir un simple instrument fonctionnel, une « membrane » qui protège le corps cellulaire de la communauté déliée. L’existence de l’anthrope peut ainsi se dispenser de toute fondation collective.
    « En somme, écrit-il, toute la politique se résorbe dans l’autorégulation immanente au système collectif-conscient que forme la communauté cybernétique6». Ainsi se profile, grâce aux merveilles de la technique informatique, l’horizon d’ « une simultanéisation rapide, intense, par
    tout le territoire et pour tous les individus, du rapport, constitutif, de la communauté à ellemême7».
    Pour donner à voir cette réappropriation des Kébékois en tant que « Communauté émergente d’anthropes », Chamberland se démarque de la conception libérale de la souveraineté, qui réduit selon lui la coexistence collective à la « régulation automatique des égoïsmes concurrentiels». Sa vision de la souveraineté multiplie la volonté de l’un par celle de l’autre pour former un « total harmonique ». « L’état parfaitement accompli de la Communauté » serait ce que Chamberland nomme le « plérôme », où « chaque individu, par son identité, sa différence, est dans un rapport rigoureusement harmonique avec tous les autres, avec le tout8 ». La souveraineté, ainsi définie, se confond avec le « Peuple en état de communication9 ». Dans la communauté des anthropes unis dans le souverain plérôme, on calculerait le « Taux Brut de Communication » au lieu du « Produit National Brut 10». À ces conditions renaîtraient la poésie de la vraie vie, l’exaucement des pulsions primaires de l’existence, de telle sorte que l’anthrope, cessant d’être diverti par ses rôles et les fétiches du national et du capital, « est rendu à la rumeur proche-lointaine de ses organes11 ». Dans un autre livre publié avant Terre souveraine, le « poète-anthrope »12 Chamberland avait déjà donné à voir cette grande communion cybernétique d’un « Kébèk-Terre-Kosmos»13 soumis à la seule loi des flux hormonaux :

    la télévision intracellulaire,
    entre nos systèmes nerveux
    branchés les uns sur les autres,
    garantit une sociorégulation parfaitement endogène
    nous ne connaissons pas d’autres lois
    que le fonctionnement des équilibres hormonaux
    réciproques14

    Il est révélateur de voir apparaître dans cette prose célébrant l’utopie d’une Communauté anthropique un concept issu de l’ancienne gnose mystique. Le plérôme – tiré du mot grec plérôma,plénitude –, est conçu chez les gnostiques comme la réunion de toutes les entités, il « ressemble au monde intelligible qui contient les prototypes du réel15 ». Il est « l’Un-et-Tout qui fonde l’expérience, organise ses éléments, répartit ses médiations ». La gnose est une forme de
    croyance religieuse qui prétend qu’à travers l’expérience « ego-cosmique », le microcosme se reflète dans le macrocosme, et vice-versa16. Le concept apparut notamment dans la cosmographie de Valentin qui vécut sous le règne d’Hadrien; chez Valentin le plérôme se confondait avec le « domaine de l’Esprit pur » sous lequel étaient placés le pneuma, l’éther, l’air et la chair. Adhérant à une conception naturaliste du salut, Valentin voyait « l’âme du monde qui cherche à s’émanciper du poids de la chair et à pénétrer dans le Plérôme17 ». Plus près de notre époque, le plérôme irriguait les derniers écrits théologiques du psychanalyste Carl Jung, marqué dans sa jeunesse par la lecture assidue du Zarathoustra de Nietzsche18. Chez les apôtres du « cyborg », on célèbre à l’envi les « interfaces extatiques » que laisseraient entrevoir le branchement du cerveau humain à la machine informatique, voire l’avènement de purs esprits informatiquement délivrésdes tristes vicissitudes de la chair.

    C’est là l’un des paradoxes de cette pensée anthropique, l’espérance d’une existence plus entière, plus impartageable, de l’insertion de soi dans une totalité harmonique en passant par la désincarnation et la déconnexion avec son monde immédiat. En bref, il faut se défaire de toutes ces déterminations dont nous ont vêtu la société, la nation, la culture, la famille, etc., pour renaître, nu comme un ver luisant, sous le parapluie ego-cosmique du plérôme informatique. Ce mouvement généralisé auquel on assiste aujourd’hui, à la faveur d’internet et de ses peuples communicants-communiants en réseaux, de transfert de nos affects, de la culture, de la mémoire, sans égards aux frontières du temps et de l’espace, dans une grande membrane immatérielle absorbante gouvernée par la pure logique mathématique et l’électricité, évoque un processus de transsubstantiation inversée. A la différence de la transsubstantiation catholique, qui voyait le Dieu incarné s’incarner à nouveau dans un bout de pain, on observe dans l’autre un mouvement de migrationde la chair vers l’esprit. Voltaire se riait du dogme catholique qui mettait un « dieu dans un pain » et que « cent mille miettes de pain » fussent « devenues en un instant autant de dieux,cette foule innombrable de dieux ne faisant qu’un seul dieu19 ». Mais est-elle moins risible la croyance que la multitude des grains humains fassent leur unité autour d’une toile mutilatrice et désincarnante, en s’y délestant de tout ce que la chair fatiguée ne veut plus assumer et éprouver par elle-même? Chateaubriand disait de l’Eucharistie qu’elle « annonce la réunion des hommes en une grande famille, elle enseigne la fin des inimitiés, l’égalité naturelle et l’établissement d’une nouvelle loi, qui ne connaîtra ni Juifs, ni Gentils, et invitera tous les enfants d’Adam à la même table20 ». L’Eucharistie, cependant, s’accomplit par le rite du sacrifice, puisque toute religion s’édifie à la faveur de cérémonies d’immolation. Dans le christianisme, l’Hostie figure le sacrifice de l’Homme-dieu mort sur la croix, ainsi que « l’immolation des passions, ou le sacrifice de l’homme moral21 ».

    Pour la gnose anthropique, la messe se célèbre autrement. Conformément à la doctrine protestante, elle rêve d’une communion des croyants sans prêtre, célébrée grâce à la magie de la fée électricité et de la connectivité sans-fil. Elle espère ainsi accéder à une humanité seconde, supérieure,où s’épanouirait la primitive égalité des anthropes rendus à leur enfance adamique, débarrassés de tout ce qui les divise, les corrompt et les éloigne de leur être authentique. Ces idoles,ces fétiches, ces fictions aliénantes qui les avaient saisis au cou dès la naissance pour les enrôler, les suborner, les rouler dans la farine du préjugé, ils les immolent en des hécatombes festives, dignes parfois du carnaval de la plèbe qui renverse les rôles, subvertit les codes, sape les verticalités, nargue les puissants et les instruits. La gnose anthropique combine ainsi dans sa messe annonciatrice d’un nouvel âge d’or censé naître « hors de nos tissus, de nos organes, de nosglandes22 » une immolation de l’homme physique et une immolation de l’homme moral. Le branchement permanent et salvateur au cerveau planétaire informatisé sacrifie sur l’autel du progrès l’homme sensible, qui renonce à la pleine possession de ses sens pour communier plus intensément avec une transposition virtuelle de son être réverbéré dans un tout harmonique, ce « néant philanthrophique » dont James Joyce avait eu la vision dans Finnegans Wake et où se fondent la mémoire, l’histoire, les cultures malaxées par la mondialisation. Le salut de l’anthrope passe aussi par le sacrifice de l’homme moral, mais point de ses passions qui elles, au contraire, sont présumées intactes, coulant de leurs sources viscérales et glandulaires. C’est la personne façonnée par un milieu, une communauté, une culture, des institutions, une langue que l’on livre au sacrifice, pour rescaper le radical anthropique de l’individu virginal23. Qui plus est, si l’on en juge par l’antienne de la pensée contemporaine, ce sacrifice va jusqu’à immoler au fond le sujet lui-même,la figure même de l’Homme capable d’une liberté toute intérieure, sourd aux injonctions du monde humain et irréductible au déterminisme de la Nature et de la Société. Ainsi que l’a brillamment démontré la sociologue Céline Lafontaine dans L’Empire cybernétique, la cybernétique a colonisé en douce les sciences humaines et la philosophie si bien qu’elles ont abandonné le sujet libre de l’héritage humaniste au profit du cyberanthrope interconnecté et de ses variantes posthumanistes 24. L’araignée informationnelle aurait tissé sa toile en enroulant dans ses maillesClaude Lévi-Strauss, Peter Sloterdijk, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jürgen Habermas, Jean-François Lyotard et tutti quanti. À nos temps hypermodernes prophétisés par les chantres de l’hypertexte et du salut communicationnel correspondent, au fond, une religiosité qui leur est propre,des tréfonds gnostiques de croyance insoupçonnés, un mysticisme puisant aux plus anciens rêves d’extase et de communion qui aient depuis toujours transporté l’humanité.

    L’araignée est l’un des emblèmes les plus classiques du bestiaire littéraire. Dans The Battleof the Books, Jonathan Swift s’est plu à faire se disputer l’abeille « humaniste » et l’araignée « moderne ». L’académicien Marc Fumaroli a rendu cette dispute en ces termes : « Les abeilles,s’oubliant elles-mêmes, prennent tout le temps pour choisir parmi les dons de la Nature et composer, à l’intention des hommes, les nourritures les plus exquises […] tandis que les araignées, impatientes, prédatrices, et égoïstes, tirent de leur propre excrément le piège abstrait où elles attirent et dévorent leur victimes 25 ». J’ose penser qu’il restera des abeilles qui préféreront à la messe arachnéenne l’ancien butinage de fleurs mortelles dans les gras pâturages où paissent encore de vilains troupeaux.

    Date de création: 2012-06-22 | Date de modification: 2013-01-15

    Informations

    L'auteur
    Professeur de science politique à l'Université du Québec à Montréal.

    Date de création:
    2012-06-22
    Dernière modification:
    2013-01-15

    Documents associés


    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homovivens en devenant membre ou en faisant un don.

     



    Flux RSS:

    Les Dossiers

    Savoir vie garder

    Le nom de Néfertiti signifie «la belle est arrivée». La racine néfer et ses dérivés décrivent les aspects positifs et moteurs de la vie, au premie...
    Voici comment en 1968, Jacques Mousseau présentait Alan Watts dans la revue Nouvelle Planète« À travers l’œuvre d’Alan Watts court la préoccupation ...
     L'homme se rapprochera-t-il de l'animal, comme plusieurs semblent le souhaiter, ou s'assimilera-t-il  complètement à la machine comme les transhumanistes l'incitent à l...
    La déshumanisation  est indolore. Nous conversons tous les jours avec des robots sans en souffrir le moins du monde. On nous annonce l’utérus artificiel pour demain, nous d&ea...
    Colloque Vivre ou fonctionner Sous-titre : L’incarnation comme remède aux maux de la planète et de l’humanitéTranshumanisme, règne de la quantit&eacut...
     Chers américains, autant vous êtes insuportables, terrifiants même quand vous vous assimilez aux robots et rêvez d’une immortalité sur disque dur, autant vo...
     Ce texte fait partie d'une série d'articles regroupés sous le titre général de Quatre articles convergeant vers la critique du narcissisme.Aux origines de la dé...
    Comment faire en sorte que nos écoles forment des êtres vivants? Comment éduquer pour la vie? En éduquant par la vie.Ce qu'a fait le fondateur du collège de la Pocati...
    Par Jean Onimus « Enthousiasme, Oh! mot aux grandes ailes, mot affolant qui fait battre le cœur à grands coups, mot qui enlève, exalte, emporte, arrache vers les é...
    Esthétique et education réflexion à partir de l’éducation esthétique de Schillerpar Chantal LapointePremière partie« L’utilité est la...
    Frédéric Back ou la vie plus forte que l’envie, par Jacques Dufresne Mort de notre ami Frédéric Back, la veille de Noël 2013, juste avant une fête semblabl...
     BACHELARD, UNE ANTHROPOLOGIE DE L’HOMME INTEGRAL  par Jean-Jacques Wunenburger *Quand les nombres et les figuresNe seront plus la clef de toute créature,Quand, par les cha...
    Joseph Weizenbaum (né à Berlin le 8 janvier 1923 et mort à Berlin le 5 mars 2008) est un informaticien germano-américain. Il fut professeur émérite d'informat...
     par Hélène Laberge « En matière d'art, l'érudition est une sorte de défaite : elle éclaire ce qui n'est point le plus délicat, elle ap...
    « L'homme, exilé sur la terre, est maintenant exilé de la terre ».G.T.En 1998, je publiais Après l'homme le cyborg? C'était un cri d'indignation accompagn&eacut...
    Quel est la responsabilité du géographe dans l’éloignement de l’homme par rapport à la terre, un éloignement créateur d’indifférence ...
    «Un jour comme celui-ci, je prends conscience de ce que je vous ai dit en cent occasions – que le monde est très bien comme il est. Ce qui ne va pas, c’est notre manièr...
    La Ferme Berthe-RousseauPour vous y rendre (1), faites très attention à l'écriteau indiquant Moulin de la laine, tout de suite à droite vous traversez un petit pont de bois...
    Naissance de la musiqueLa musique n'a plus de frontières. Orphée ne chantent plus seulement pour Euridyce, il charme tous les hommes. Ceci grâce aux progrès accomplis dans l...
    «Un bon esprit doit ressembler à une broussaille plutôt qu'à un herbier.» AlainExiste-il une vie intellectuelle? Pas au sens d’occupation, de travail, d’act...
    Voici un texte essentiel sur cette vie subjective, que nous appelons souvent la vie comme qualité sur ce site.« La vie subjective d'un côté, la réalité physique...
     L’art d’imiter la natureLe biomimétismeAndrée Mathieu et Moana LebelÉditions MultiMondes, 2015Commentaire de Jacques DufresneSi vous aviez cherché biomim&...
    Pierre Bertrand, philosophe québécois prolifique est l’invité de la Compagnie des philosophes à sa rencontre du dimanche 1er février 2015. Nous profitons de l&...
     Certains articles de journaux, rares il est vrai, sont des événements qui marquent un tournant de l’histoire ou un changement de mentalité. C’est le cas de l&rsq...
    par Jacques Grand'Maison« Si le mot que tu veux ajouter n'est pas plus beau que le silence, retiens-le », disait un mystique soufiste.Présence et silence s'appellent l'un l'autre. S...
    Nous étions amis, nous avions vingt ans, nous avions lu Nietzsche, nous étions implacables. Le conférencier devant nous, sûr de posséder la vérité, plus...
    Notre dossier de la rentrée La radicalité consiste à remonter jusqu’à la racine d’un mal pour en trouver le remède, l’extrémisme (comme...
     Deathist. C’est le mot que le Ésope du transhumanisme, le suédois Nick Bostrom, utilise pour fustiger ceux qui de Socrate à Rilke ont fait de la mort une alliée...
    UN SIÈCLE DE PENSÉES CONVERGENTESC’est le climat qui est le sujet de la conférence de Paris et c’est la question de la limite qui en sera l’enjeu principal : lim...
    Pays, paysan, paysage Suite aux élections québécoises du 7 avril dernier, marquée par la défaite du Parti québécois et de son projet souverainiste...
    PENSER LA SCIENCE L’analyse du rôle joué par la science dans la société contemporainepar Ber...
    Crise économique, réchauffement climatique, événements extrêmes, pic pétrolier, pic de la plupart des métaux. Suivrons-nous le conseil de Sén&egr...
    La question du rythme que nous abordons ici est complexe et peut conduire à des excès, ce dont il faut être bien conscient. Nous nous limitons ici à une introduction dans le...
    Ne pas confondre avec signes vitaux. Quand une personne nous donne signe de vie, elle ne nous décline pas l'état de ses signes vitaux : température, pouls, respiration et pression...
    Cet article de Françcois Tremblay sur l'art naîf et sur l'oeuvre de Solange Hubert, a d'abord paru dans MAGAZINART, été/automne 2011.« Art naïf, art populaire, ar...
     Les idéologies du sportpar Gabor Csepregi               Gabor Csepregi, athlète et philosophe, est l’aut...
     Les idéologies du sportpar Gabor Csepregi               Gabor Csepregi, athlète et philosophe, est l’aut...
    Au moment oû les hommes considéraient la terre comme un lieu de passage, ils y construisaient pour l'éternité; ils l'ont transformée en terrain de camping à p...
    L’automobile est rarement un objet de réflexion, même si elle occupe dans nos vies et sur notre planète une place démesurée. Réfléchir sur une cho...

    L'emmachination

    Quel est, se demandait René Dubos, l'envers de cette extraordinaire adaptabilité qui est pour les humains un avantage indiscutable par rapport aux autres espèces? Il y a, ré...
    La toxine botulique ou botox est produite par la bactérie Clostridium botulinum laquelle est une molécule paralysante et le plus puissant poison connu à ce jour. Les ophtalmologis...
    Désincarnation. Ce mal indolore, invisible et silencieux résulte de la montée du formalisme dans une civilisation ou une personne. L’accès à la propriét...
    L'emmachination est le fait, pour un être vivant de s'assimiler à la machine. Pour ce qui est de l'être humain, elle est le contraire de l'incarnation. L'incarnation est la tendance...
    Google vient d’adhérer au transhumanisme. Faut-il s’en étonner? Son siège social est voisin de la Singularity University fondée par Ray Kurzweil.La dénat...
    Humanisé par votre portable?Par Jacques DufresneIl porte trois noms en français. Vous l’appellerez cellulaire si vous avez le sentiment qu'il vous enferme dans une cellule, mobile ...
     Les insectes dans l'Encyclopédie de l'AgoraLe point sur le déclin des insectes
     L’euthanasie et la PMA en contexte Relier pour comprendre On peut certes isoler une plante et l’étudier en laboratoire, mais on ne la connaîtra complète...
    La PMA ou la médecine sans limitesPar Jacques Dufresne Ovules importés des États-Unis par catalogue, mère porteuse sollicitée en l’absence de tout encadre...
    Dans la perspective de ce portail Homo Vivens, le chiffre et l'argent sont indissociables. Ce sont des signes dont l'importance croissante, démesurée, réduisent l'homme et ses sen...
    Stéphane StapinskyLe texte suivant, extrait d’un document intitulé  « Trois jours chez les transhumanistes » produit par l’équipe du site Pi...
    Tout le monde, ou presque, emploie maintenant les mots conscience et intelligence aussi bien à propos des ordinateurs que des humains et en tenant pour acquis qu'il s’agit des mêmes...
    On a accès à un nombre croissant de nouvelles devant lesquelles on se demande comment les évoquer, pour les critiquer, sans obtenir l\'effet contraire : qu'on en parle davantage d...
     La médicalisation est la prise en charge systèmatique de la santé des gens par des experts appartenant à la profession médicale.Ce phénomène aujo...
    De hatsu premier son et miku futur, Hatsune Miku est une chanteuse ayant toutes les caractéristiques d'une diva sauf une : la vie. Elle est un hybride composé d'une voix synthétiq...

    La robotorie

    Dans l'état actuel des choses, en janvier 2012, nous nous opposons énergiquement au déploiement d'un réseau de compteurs d'électricité ''intelligents'' au Qu&...
    En 1965, dans le cadre des Rencontres internationales de Genève, eut lieu un colloque mémorable intitulé Le robot, la bête et l'homme. Entre autres, Jacques Monod, Ernest An...
    Par analogie avec animalerie et ménagerie. L'animalerie évoque l'entière soumission de l'animal à l'homme, elle est cette antichambre du laboratoire où les animaux u...

    La nouvelle espèce

    Ce livre, paru en 1999, est l'une des premières réflexions en langue française sur cette question du posthumanisme devenue depuis un sujet majeur. Il a été éc...
    Article de l'Encyclopédie de DiderotAUTOMATE, s. m. (Méchaniq.) engin qui se meut de lui-même, ou machine qui porte en elle le principe de son mouvement.Ce mot est grec αὐτόμ...
    De nombreux scientifiques, dont plusieurs sont à l’origine de l’ordinateur et d’Internet, ont tantôt réclamé, tantôt proclamé l’av&egrav...
    Pour une vue d'ensemble de la question, nous vous invitons à consulter le dossier eugénisme de l'Encyclopédie de l'Agora.On a cru un moment, en Occident du moins, que l'eugé...
    Crise économique, réchauffement climatique, événements extrêmes, pic pétrolier, pic de l'or, pic du cuivre, pic du fer... Face à ces limites, le d&eacut...
    L’IA (intelligence artificielle) et le transhumanisme forme un couple solide. On imagine mal un transhumaniste qui ne serait pas aussi un inconditionnel de l’IA; quant aux spécialis...
    Les Jeux Olympiques dans l'Antiquité (Pierre de Coubertin, 1863-1937)«Il est probable que la création des Jeux Olympiques fut due aux Pisates, premiers possesseurs de la vallée de l'Alphée. Mais les O...
    Voici un texte écrit en 1995 qui éclaire de façon singulière les questions que nous soulevons dans ce portail Homovivens.« Progrès accéléré...
    Plus l'humain ressemble au robot plus il se reconnâit en lui; ce qui aide à comprendre pourquoi une comparaison entre l'homme et le robot qui aurait provoqué l'indignation de Berna...
    Nos rites funéraires sont en crise, il y a de moins en moins d’inhumation, de plus en plus de crémation, les cérémonies de funérailles, quand il y en a, ont pa...
    Nous retenons ici les deux principaux sens que le FLF donne au mot anticipation« A.− [L'anticipation concerne une action] Réalisation de cette action avant le moment attendu ou pr&e...
    Texte à venir
    Dans l’histoire des ordinateurs, le mathématicien anglais Alan Turing a joué un rôle de premier plan. On lui doit notamment la machine qui porte son nom. Il s’agit d&rs...
    Le concept de posthumanisme est encore flou. Pour le moment chacun peut lui donner le sens opposé à celui qu'il donne au mot humanisme, ce qui nous autorise à prendre notre propre...
    Selon Ray Kurzwei, avec l'avènement de l'ordinateur, l'homme se précipite vers un nouveau big bang programmé pour éclater en 2045. Il a même donné un nom &agra...
    Der Spiegel en guerre contre la Silicon ValleyLa vallée de l’avenir…de l’humanité?¿Quién manda en el mundo? Qui commande,1 qui commandera dans le monde, ...
    Les définitions qu'on trouvera plus loin dans cette page, remonte à 2008. Le mouvement transhumaniste, si c'est le mot qui convient, a progressé si rapidement que c'est cette d&ea...