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    L'empire cybernétique

    Jacques Dufresne
    Des machines à penser à la pensée machine

    Un seul rapprochement, qui s'impose, mais que personne n'avait fait auparavant, du moins pas avec la même insistance, peut suffire à jeter les bases d'un bon livre. Céline Lafontaine rapproche le behaviorisme de la cybernétique pour les éclairer ensuite l'un par l'autre. On s'engagerait dans la lecture de son livre pour cette seule raison.

    La guerre de 1939-1945, marquée par l'holocauste et la bombe atomique, a laissé bien peu d'illusions sur l'aptitude de l'être humain à lutter contre son mal radical par le seul moyen des philosophies et des religions, en misant sur une sagesse résultant d'une vie intérieure. Sur ce plan, que nous appellerons culturel, l'Allemagne de la première moitié du vingtième siècle avait atteint un sommet. Et voyez le résultat.

    On comprend qu'après cette guerre, plusieurs aient pensé que si l'homme peut être contrôlé ce ne peut être que de l'extérieur, comme on contrôle une machine, ce qui équivaut à affirmer que la condition du contrôle c'est la réduction de l'homme à la machine. Cette idée était déjà une chose ancienne en 1950, mais l'ordinateur, récemment découvert, lui donnait une force nouvelle. Il lui manquait seulement d'être légitimé sur la place publique, opération que la doctrine béhavioriste en psychologie accomplissait au même moment.

    En Europe, on était resté attaché à l'inné, conséquence selon certains des traditions aristocratiques ayant marqué ce continent. En Amérique, terre d'accueil établie sous le signe de l'égalité, on allait accorder plus d'importance à l'acquis. Pour les fondateurs du behaviorisme, John Watson et B.F Skinner, l'être humain est à la naissance une table rase. Âme, vie intérieure! Les béhavioristes se débarrasseront vite de ces mots. L'être humain, pensent-ils, se construit, ou plutôt est construit par l'environnement (comment pourrait-il se construire puisqu'il n'est rien à l'origine?) par voie de conditionnement opérant.

    Wiener, Watson, Skinner, Bateson : un même courant


    Céline Lafontaine : « Dépouillé de toute référence à l'hérédité et à l'intériorité, le béhaviorisme définit la culture en termes de comportements adaptatifs et de réflexes conditionnés, laissant ainsi une large place au reconditionnement culturel. Selon le fameux schéma stimulus-réponse, l'ensemble des comportements humains, y compris la pensée, sont ainsi assimilés à des réactions adaptatives. Il s'agit en fait d'une psychologie de la boîte noire où l'on ne tient compte que du processus '' input-output''. Fortement déterminé, l'individu est un être vide, dont la seule consistance réside dans son rapport constitutif à l'environnement extérieur 1 ».

    Céline Lafontaine aurait pu compléter son analyse du béhaviorisme en rappelant, chose généralement ignorée, que B.F. Skinner a publié en 1947 une utopie, Walden Two, apparentée au Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Cette utopie confirme le bien fondé du rapprochement que l'auteure opère entre la cybernétique et le béhaviorisme. Par le titre du livre, Walden Two, Skinner donne à comprendre à ses lecteurs qu'il est un disciple de Henry David Thoreau, l'auteur de Walden ou la vie dans les bois. Voici l'exemple parfait d'un rapprochement fallacieux destiné à semer la confusion dans les esprits. Thoreau, romantique, lecteur de Goethe et adepte de sa conception organique du monde, Thoreau homme libre jusqu'à la désobéissance civile n'aurait pas tenu une minute dans le parc hypercontrôlé de Walden Two, hypercontrôlé depuis un hôtel ayant toutes les caractéristiques d'un hôpital.

    Le principal souci des ingénieurs de Walden Two est d'encercler la société pour faire son bonheur malgré elle, s'il le faut. Ils veulent améliorer la vie de leurs semblables en cultivant en eux les émotions « productives et revigorantes comme la joie et l'amour ». Les émotions nuisibles, telles que la haine, qui ne correspondent plus à une exigence de l'évolution, sont éliminées : « mais quand une émotion cesse d'être utile en tant qu'élément d'une réponse comportementale, nous procédons à son élimination 2 ».

    Si vous décrétez que tout est construit dans l'homme par voie de conditionnement, vous n'aurez aucune peine ensuite, en observant l'animal à travers la même lorgnette, à démontrer que rien d'essentiel ne le sépare de l'homme.

    Vous ne verrez aussi que des affinités entre eux si vous les observez sous l'angle de la communication comme phénomène extérieur. Vous pourrez même les assimiler tous deux à la machine. Ce que n'hésite pas à faire le fondateur de la cybernétique, Norbert Wiener.

    « Le concept de rétroaction (feed-back) constitue, aux côtés de l'entropie et de l'information, le noyau dur de la pensée cybernétique. Étroitement lié à la notion d'information, il désigne le processus par lequel celle-ci est assimilée et utilisée afin d'orienter et de contrôler l'action. Même si le principe de rétroaction n'est pas une découverte en soi — déjà les Grecs le connaissaient —,Wiener va lui accorder une valeur toute particulière. Comme on le sait, c'est en cherchant à améliorer les performances des dispositifs servomécaniques de tir antiaérien qu'il s'est penché sur les potentialités théoriques de ce principe. Déjà en 1943 dans Comportement, intention et téléologie, il plaçait au sommet de sa hiérarchie les comportements téléologiques, c'est-à-dire ceux qui sont régulés par rétroaction. La faculté d'orienter et de réguler ses actions d'après les buts visés et les informations reçues correspond en fait à la définition cybernétique de l'intelligence. C'est elle qui permet le rapprochement entre l'être humain et la machine. Possédant potentiellement les mêmes capacités d'apprentissage, les machines intelligentes participent au maintien de l'ordre social en assurant son autorégulation rétroactive.
    […] Devenue un immense système de communication, la société n'existe qu'à travers les échanges informationnels entre ses membres. Constamment interrelié à son environnement social, le sujet est, dans cette logique, entièrement tourné vers l'extérieur. Il n'est plus considéré comme un être autonome, mais il devient, pour paraphraser Philippe Breton, un simple '' réacteur '' censé s'adapter à son environnement [...] Discriminant majeur, le principe de rétroaction autorise Wiener à classer les machines intelligentes aux côtés de l'humain au sommet de la hiérarchie cybernétique ».

    À noter également le jugement de Céline Lafontaine sur Gregory Bateson et l'école de Palo alto en psychologie. Voici de nouveau l'être humain réduit à l'état d'intermédiaire, de serveur dans un réseau informatique : « Profondément ancré dans le paradigme cybernétique, l'esprit, tel que défini par Bateson, nourrit une représentation du monde où l'autonomie subjective perd de sa consistance politique au profit d'une adaptabilité communicationnelle. Dans Vers une écologie de l'esprit, Bateson expose cette vision globalisante où le corps individuel est réduit à un simple support différentiel. Toujours sur le mode de l'immanence, les sous-systèmes biologiques, sociaux et environnementaux, lui apparaissent être le fruit d'une restructuration hiérarchique d'échanges institutionnels. Résolument anti-humaniste ce modèle s'alimente d'un déisme mal défini. Mieux vaut laisser la parole à Bateson sur ce point : ''L'esprit individuel est immanent, mais pas seulement dans le corps. Il est immanent dans les voies et les messages extérieurs du corps […].Il existe également un esprit plus vaste, dont l'esprit n'est qu'un sous-système. Cet esprit est comparable à Dieu, mais n'en n'est pas moins immanent à l'ensemble interconnecté formé par le système social et l'écologie planétaire'' ».

    Suit un développement fort intéressant sur la pensée systémique, les écosystèmes, de même que sur divers courants de la pensée contemporaine, tel le structuralisme. « Le 19 février 1968, la télévision française crée un événement scientifique d'envergure en diffusant un débat entre Claude Lévi-Strauss, Roman Jakobson, François Jacob et Philippe L'Héritier sous le titre fort évocateur de  "Vivre et parler" ».
    […] Dès les premières lignes de la transcription parue dans Les Lettres françaises, le présentateur Michel Tréguerm insiste sur le fait que l'intérêt commun des structuralistes et des biologistes s'articule autour des « phénomènes de communication, qu'ils soient sans conscience ni sujet au niveau de l'ADN et des gènes; qu'ils fassent intervenir les sujets parlants dont s'occupe la linguistique; qu'enfin ils se passent en dehors de la conscience des dits sujets au niveau des groupes et sociétés ».

    […] Au cours de ce même entretien, Lévi-Strauss va plus radicalement encore dans le sens de la logique cybernétique en affirmant : « De plus en plus, les phénomènes sociaux et les sociétés humaines nous apparaissent comme des grandes machines de communication. Le réductionnisme scientiste animant ce débat atteindra son paroxysme dans l'intervention finale de Lévi-Strauss pour qui "c'est un très grand encouragement" de constater qu'on retrouve au niveau biologique, comme au niveau du langage et de la société humaine, des phénomènes de communication, qui se passent en dehors de la conscience des membres du groupe [...] et qui ne les font pas intervenir au titre de sujets parlants. Curieux paradoxe qu'une rencontre intitulée '' Vivre et parler'' se termine en évacuant la parole au profit du langage et la vie au profit de l'information 5 ».

    L'impasse de l'humanisme moderne


    Céline Lafontaine fait preuve dans ce livre d'une cohérence remarquable, mais on la quitte malheureusement avec le sentiment que son bel édifice critique est vouée à l'effondrement. On apprend en effet dans la conclusion que c'est pour la défense de l'humanisme moderne qu'il a été construit. Or, on a les meilleurs raisons du monde de croire que ledit humanisme est lui-même à l'origine du mal diagnostiqué. La position de Heidegger sur ce point est bien connue. Simone Weil défend la même thèse dans l'Enracinement. Je la cite ici pour la énième fois, tant le passage en question me paraît important pour l'avenir des rapports de l'homme avec lui-même et avec le monde.

    « Depuis deux ou trois siècles, on croit à la fois que la force est maîtresse unique de tous les phénomènes de la nature, et que les hommes peuvent et doivent fonder sur la justice, reconnue au moyen de la raison, leur relations mutuelles. C'est une absurdité criante. Il n'est pas concevable que tout dans l'univers soit soumis à l'empire de la force et que l'homme y soit soustrait, alors qu'il est fait de chair et de sang et que sa pensée vagabonde au gré des impressions sensibles. Il n'y a qu'un choix à faire. Ou il faut apercevoir à l'œuvre dans l'univers, à côté de la force, un principe autre qu'elle, ou il faut reconnaître la force comme maîtresse et souveraine des relations humaines aussi.

    Dans le premier cas, on se met en opposition radicale avec la science moderne telle qu'elle a été fondée par Galilée, Descartes et plusieurs autres, poursuivie notamment par Newton, au XIXe, au XXe siècle. Dans le second on se met en opposition radicale avec l'humanisme qui a surgi à la Renaissance, qui a triomphé en 1789, qui sous une forme considérablement dégradée a servi d'inspiration à la IIIe République 6 ».

    Ou il faut reconnaître la force comme maîtresse et souveraine des relations humaines aussi. C'est bien ce qu'ont cru Wiener et Skinner. D'où le fait qu'ils utilisent des méthodes assimilables à la force pour éradiquer le mal de l'homme ou en limiter les effets. Ils sont l'un et l'autre d'excellents représentants de l'humanisme moderne.

    Le principe autre que la force dont parle Simone Weil, c'est le divin, le sacré, auquel l'homme accède simultanément par ses racines dans le ciel et ses racines dans la terre. Coupé de ces racines, l'homme n'est plus qu'un arbre desséché, faisant fuir les oiseaux, tout juste bon à servir de poteau aux fils de nos communications. C'est aussi la perte de ces racines qui nous fait glisser vers le virtuel et le mécanique. Quand la verticalité a disparu, les racines trouvent refuge dans ce qui s'offre à elles sur le plan horizontal : les médias.

    De toute évidence, par humanisme moderne Céline Lafontaine n'entend pas la même chose que Heidegger et Simone Weil. L'un de ses mentors, son directeur de thèse, Philippe Breton, évoque dans L'utopie de la communication (essai dont le livre de Céline Lafontaine est l'heureux prolongement) la question de l'humanisme, mais il n'est guère plus explicite sur ce point que notre auteure. « L'homme de l'humanisme classique, dit-il, est un homme dirigé de l'intérieur 6 », ce qui le distingue de l'homo communicans, dirigé de l'extérieur.

    Tenons pour acquis que humanisme classique et humanisme moderne sont des synonymes pour Philippe Breton et Céline Lafontaine. Si l'on admet d'autre part que l'homme moderne est seul face à un univers gouverné par la force et donc absurde, en quoi la vie intérieure pourra-t-elle donc consister? Puisqu'aucune symbiose avec le transcendant et l'élémentaire ne la nourrira, elle sera tout au plus le vestige d'un passé où la symbiose était encore possible, vestige évanescent, glissant vers la fiction, ce dont prendront acte Wiener et Skinner.

    Le second mentor de Céline Lafontaine, Jean-Claude Guillebaud, est plus explicite sur la question de l'humanisme, notamment dans le Principe d'humanité, paru en 2001, trois ans avant la publication de L'empire cybernétique. Dans ce livre, après avoir résumé en termes clairs la position antihumaniste de Heidegger, il indique avec d'infinies précautions ce transcendant que Simone Weil présente comme un principe autre que la force. Il ne va toutefois pas, comme Heidegger et Simone Weil, jusqu'à englober les Lumières dans sa critique de la modernité. S'inspirant de Stephen Jay Gould, il semble plutôt appeler de ses vœux une coexistence pacifique entre deux sphères radicalement différentes, celle de la science et celle de la religion. Il ne tranche toutefois pas catégoriquement. La question est encore ouverte quand on ferme son livre.

    Dans ses remerciements, Céline Lafontaine écrit : « Je tiens absolument à exprimer à Philippe Breton toute ma reconnaissance et mon admiration, la générosité exceptionnelle dont il a fait preuve, à titre de directeur de thèse, demeurera à mes yeux l'exemple d'un humanisme pleinement assumé. C'est ce même humanisme que j'ai retrouvé chez Jean-Claude Guillebaud qui a cru en mon travail et qui a guidé la publication de ce livre 7 ». Le mot humanisme est utilisé ici dans son sens le plus courant, mais aussi le plus naïf et le plus flou. Céline Lafontaine donne-t-elle le même sens au mot humanisme dans son livre? On regrette qu'elle ait cru pouvoir faire l'économie d'une réflexion sur le rapport entre cet humanisme comme vertu d'humanité et l'humanisme au sens le plus clair du terme : comme vision du monde centré sur l'homme plutôt que sur Dieu. Ce pourrait être le sujet d'un second livre.

    Vers un second livre?


    Dans ce second livre, elle pourrait expliciter l'une des phrases-clés du premier : « Curieux paradoxe qu'une rencontre intitulée ''Vivre et parler'' se termine en évacuant la parole au profit du langage et la vie au profit de l'information ». Par vie elle ne peut entendre ici que cette vie subjective que Michel Henry a associée à l'humanitas : « La vie subjective d'un côté, la réalité physique de l'autre, nous dit Michel Henry, devraient normalement être deux domaines différents, mais égaux en dignité. On a toutefois de plus en plus tendance à présenter la vie subjective comme un simple produit, voire comme un sous-produit de la réalité physique ». C'est en cela, précise Michel Henry, que consiste l'idéologie scientiste qu'il faut bien se garder de confondre avec la science proprement dite, laquelle n'implique aucune dévalorisation de la subjectivité. « Traiter notre vie subjective d'apparence et qui plus est, d'apparence illusoire, ce n'est pas seulement formuler à l'égard de l'homme et de son humanitas le plus grand des blasphèmes. Car ce qui fait cette humanitas, à la différence de la chose, c'est justement le fait de sentir et de se sentir soi-même, c'est sa subjectivité. Notre être commence et finit avec notre vie phénoménologique, il faut s'y faire. Si cette vie subjective n'est rien, nous ne sommes rien non plus. Si cette vie n'est qu'une apparence illusoire, nous ne sommes nous aussi qu'une illusion, qu'on peut aussi bien supprimer sans porter atteinte à la réalité. La négation théorique de la subjectivité implique la destruction pratique de l'humanité ou, du moins, la rend possible 8 ».

    Céline Lafontaine rejoint Michel Henry dans sa conclusion : « L'empire cybernétique porte en lui les tendances totalitaires qu'historiquement il devait combattre. À force d'être trop globalisant,de tout ramener à l'information et à la complexité, de tout réduire à un code, qu'il soit linguistique ou génétique, il en vient à perdre de vue la réalité elle-même, qu'il finit par confondre avec un système modélisé 9 ».

    NOTES
    1-Céline Lafontaine, L'empire cybernétique, des machines à penser à la pensée machine, Paris, Seuil, 2004, p.30.

    2- Walden Two, MacMillan Pub. Co. New York 1962, p.102.

    3- Céline Lafontaine, op.cit. p.47.

    4-Ibidem p.76.

    5-Ibidem p.116.

    6-Philippe Breton, L'utopie de la communication, Éditions de la Découverte, Paris 1992, p.50.

    7-Céline Lafontaien, op.cit. p.12.

    8-Henri, Michel, La Recherche, «Ce que la science ne sait pas», Mars 1989, No 208, p. 405.

    9-Céline Lafontaine, op.cit. p.223.

    Date de création: 2012-05-10 | Date de modification: 2012-12-12

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    L'auteur
    Date de création:
    2012-05-10
    Dernière modification:
    2012-12-12
    Extrait
    Céline Lafontaine fait preuve dans ce livre d'une cohérence remarquable, mais on la quitte malheureusement avec le sentiment que son bel édifice critique est voué à l'effondrement. On apprend en effet dans la conclusion que c'est pour la défense de l'humanisme moderne qu'il a été construit. Or, on a les meilleurs raisons du monde de croire que ledit humanisme est lui-même à l'origine du mal diagnostiqué.

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