• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition

    L'Amérique d'Ayn Rand

    Jacques Dufresne
    Commentaire du livre de  Nicole Morgan, Haine froide, à quoi pense la droite américaine?, paru aux éditions du Seuil à Paris en septembre 2012.

    Les pourcentages vont-ils bientôt remplacer les qualificatifs en politique? Peut-être l'histoire retiendra-t-elle des élections présidentielles de 2012 aux États-Unis qu'elles ont été celles du 1% contre le 47%, le 1% représentant les spéculateurs des grandes places financières, le 47% les travailleurs ou assistés sociaux n'étant pas en mesure de payer des impôts . Cela confirmerait une tendance manifeste depuis plus d'un siècle. La première édition du journal La Presse de Montréal fondée en 1884 ne comportait aucun chiffre. On n'en trouvait pas non plus dans les autres journaux. Les premières colonnes de chiffres qui apparurent dans La Presse furent consacrées aux taux de mortalité. Depuis, le chiffre a colonisé une à une les diverses rubriques des journaux, si bien que les pages consacrées à la politique ne diffèrent guère désormais des pages consacrées aux sports ou à la bourse.

    Ces spéculateurs constituant 1% de la population ont des revenus 225 fois plus élevés que ceux du salarié moyen. Les 47% sont les « parasites », les « assistés » qui, selon le candidat républicain Mitt Romney, constituent l'essentiel de l'électorat démocrate. C'est le candidat républicain à la présidence qui a lancé ce chiffre à l'occasion d'une séance de levée de fonds en mai denier!

    Par delà l'insulte faite à des millions de travailleurs qui ne paient pas d'impôt fédéral tout simplement parce que les récents gains de productivité dans le pays ont surtout servi à enrichir davantage les spéculateurs, il faut voir dans ces statistiques un nouveau triomphe de la rhétorique haineuse de Ayn Rand, ce que les commentateurs les plus éclairés, Dave Brooks du New York Times par exemple, et Frances Moore Lappe du Huffington Post n'ont pas manqué de souligner.

    Qui est Ayn Rand? Une inconnue dans le reste du monde qui, aux États-Unis, a presque autant d'influence que la Bible; en réalité un auteur médiocre, gouverné par une double haine : celle de la terre et  celle des hommes, alternant autour d'un absolu, la raison, elle-même réduite au calcul rationnel de l'intérêt égoïste cher aux économistes de l'école de Chicago. Une folle selon la définition de Chesterton : « Le fou est celui qui a tout perdu sauf la raison ». J'exagère. Non, je m'adapte à mon sujet : il faut éviter de faire l'honneur des nuances aux auteurs qui se font un devoir de ne pas s'en encombrer.

    Depuis les balcons de l'histoire, on se montre facilement sévère pour tous ceux qui ayant été témoins de la montée d'une doctrine totalitaire et haineuse, n'ont rien fait pour en briser l'élan. Quand on est immergé dans l'histoire, la lucidité est plus difficile, mais elle demeure possible à condition que l'on découvre le bon auteur au bon moment. En ce qui a trait à l'évolution des États-Unis vers le fascisme, un fascisme sans Führer pour le moment, Nicole Morgan est le bon auteur et son dernier livre, La Haine froidei, paraît au bon moment.

    La haine est en effet si froide en ce moment dans la droite américaine qu'on en viendrait à regretter la guerre froide et même le mur de fer, lequel est devenu plus dangereux depuis qu'au lieu de séparer les deux grands blocs de la planète, il sépare les deux grands partis politiques dans le pays le plus puissant de la planète avec 45% des dépendances militaires.

    Les faits et les idées font rarement si bon ménage que dans La Haine froide. Nicole Morgan est une philosophe journaliste dans le meilleur des sens de ces deux mots. Née en France où elle a fait ses études, elle a fait carrière au Canada dans un prestigieux collège militaire, celui de Kingston, petite ville située entre Montréal et Toronto sur les bords du St-Laurent : fleuve assez large pour donner de l'objectivité au regard qui observe l'autre rive : américaine!

    Je vis moi aussi à quelques kilomètres des États-Unis. Pour mieux comprendre où va ce pays et le monde sous sa gouverne, j'accepte d'être bombardé tous les jours par la publicité du Viagra et de cette autre énergie propre appelée charbon. (Il ne s'agit pas de la chaîne Fox qui vocifère du Ayn Rand à cœur de jour, mais de CNN, la chaîne intellectuelle)

    Ces deux publicités résument bien la situation outre frontière, où une entreprise entre dans l'illégalité quand elle prend le risque de réduire son profit en poursuivant un autre but : social ou environnemental. Au début était le livre, la Bible bien entendu, nous y reviendrons. C'est au second livre après la Bible que nous nous intéresserons d'abord : Atlas Shrugged La révolte d'Atlas, un roman paru en 1957, que l'on commence à peine à traduire en langue étrangère. Voici un aperçu de son importance au États-Unis. Il se vendait, depuis sa parution, plus de 75 000 exemplaires par année. Les ventes ont commencé à augmenter à partir de 2000 pour atteindre 300 000 exemplaires en 2009. En 2011, le livre est passé à la tête des ouvrages les plus vendus sur Amazon.com.

    Atlas, c'est l'entrepreneur divinisé. Il est fatigué de soutenir seul la planète entière, alors que pullulent autour de lui les parasites. Il suffit qu'il se mette en grève avec l'ensemble de ses homologues pour que tout s'effondre autour de lui. La liberté absolue pour l'entrepreneur, la mort pour tous ceux qui vivent grâce à lui sans se soumettre à sa loi. On exagère à peine quand on résume ainsi l'œuvre de Ayn Rand.

    Voici à ce sujet quelques passages du livre de Nicole Morgan:

    « La force d'Ayn Rand vient de ce qu'elle a, sans relâche, montré du doigt ces ennemis de la force de la nation. Elle a répété sans fin les mots « parasites », « pilleurs », « mendiants à la petite semaine » « poux », « imitations d'humains », « lie » « vermine » ou« zombies » pour décrire tous ceux qui ne produisent pas la richesse mais en vivent ».ii

    On ne peut attaquer Ayn Rand, qui prêche la vertu soit dit en passant, sans s'exposer aux insultes de la secte qui l'entoure. Whittaker Chambers est l'un de ceux qui a osé dire la vérité crue sur Atlas Shrugged. « Dans presque chaque page de Atlas Shrugged, écrivait-il en 1957, on entend cette voix criant : ''À la chambre à gaz – Go!''»iii

    Vous vous étonnez de ce que les adversaires de Obama Care fassent si peu de cas de la vie d'autrui? Si vous étiez disciple d'Ayn Rand cela vous paraîtrait normal. Vous vous étonnez de ce que tant d'Américains, tant de concitoyens d'Al Gore, soient indifférents au réchauffement climatique? C'est que vous n'avez pas lu Ayn Rand. « Dans Contre l'environnementalisme, elle considère que l'écologie est un retour du religieux et de l'irrationnel, alors que seul le progrès technique peut améliorer la condition humaine ».iv

    Pour s'élever jusqu'à la haine du Führer, il ne manque qu'une chose à Ayn Rand : le racisme. Mais si le racisme est absent de la doctrine officielleun entrepreneur noir a autant de mérite qu'un entrepreneur blanc les membres du Tea Party, admirateurs d'Ayn Rand pour la plupart, parviennent bien mal à déguiser la haine que leur inspire Barak Obama.

    Un jour viendra inévitablement où la haine portant la marque d'Ayn Rand se déversera sur les nations de parasites, comme apparaît déjà la France au yeux des républicains. Il deviendra alors parfaitement clair que les ressources de la planète appartiendront aux nations abritant le plus grand nombre d'entrepreneurs.

    Une conclusion qui était prévisible depuis longtemps. « Le laisser-faire dont nous allons parler, écrit Nicole Morgan, n'est pas celui auquel l'histoire nous a habitués. C'est une révolution documentée dès les années 1970 par Richard Burnet et Ronald Muller. Ceux qui dirigent les multinationales, expliquent-ils, sont les premiers dans l'histoire de l'humanité qui ont le pouvoir technologique, financier et idéologique de gérer les ressources de la planète selon un modèle économique unique. Il demande seulement de transcender les États-nations et ce faisant de transformer tout le processus politique. En l'absence d'un législatif mondial qui structure et équilibre cette prise de pouvoir, on peut dire qu'il s'agit là d'un laisser-faire absolu ».v.

    « Je veux être connue comme la plus grande championne de la raison et l'ennemi le plus mortel de la religion ». vi Dans la mesure où Ayn Rand est devenue l'objet d'un culte, on lui pardonne tout ce qu'elle a dit sur la religion. Comment comprendre autrement le fait que le Tea party soit composé indistinctement de lecteurs d'Ayn Rand et de sectaires d'une religion fondamentaliste? La preuve qu'un mouvement est plus passionnel que rationnel, plus idéologique que transparent, c'est qu'il est renforcé plutôt qu'affaibli par les contradictions qu'il charrie.

    Autre contradiction : Le Tea Party est issu de la classe moyenne blanche et après la crise financière, il s'est porté à la défense du 1% : 225 fois le salaire moyen en 2012, 125 fois au cours de la décennie 1960. La logique aurait voulu que la classe moyenne se révolte contre le 1%. Ce qui s'est passé en réalité est si contraire à la logique que personne ne l'avait prévu, pas même dans le cercle restreint qui avait considéré la crise financière comme inévitable : « Au lieu de FDR, (Franklin Delano Rosevelt), s'écria Thomas Frank, nous avons eu Ayn Rand. Au lieu de créer des programmes qui viendraient aider le sort des Américains durement touchés par la crise, on eut le Tea Party qui exigea que les Américains subissent les conséquences de la crise en laissant totalement impunis les escrocs de Wall Street qui en étaient responsables ».vii

    « Le retour en force de la droite,écrit Thomas Frank, tout aussi estomaqué, est aussi extraordinaire que si le public avait demandé qu'une douzaine de centrales nucléaires soient construites au lendemain du désastre de Three Mile Island; c'est comme si au lendemain du Watergate on avait proclamé Richard Nixon héros national ».viii

    Les foules ont beau avoir le génie de la confusion, elles ne peuvent pas inventer seules une contradiction aussi grossière. Le Tea Party a pris forme juste avant les élections de mi-mandat en 2010 grâce à des millions provenant des coffres des candidats républicains à la Chambre des représentants. Au même moment, le 1% distribuait les livres de Ayn Rand dans les universités.

    « L'État c'est le mal ». « L'argent est le baromètre des vertus d'une société ». « L'avidité est morale ». Si hostile qu'elle ait été à l'égard de la religion, Ayn Rand n'hésitera pas à opposer à l'image du Christ souffrant de sa compassion pour les pauvres, celle du héros entrepreneur, Atlas souffrant de supporter à la fois le monde et les parasites humains. « Si vous pouviez voir Atlas. Ce géant qui porte le monde sur ses épaules, si vous pouviez le voir debout, le sang coulant sur sa poitrine, ses genoux fléchissant, essayant quand même de tenir le monde avec ses dernières forces. Plus grand est son effort, plus lourd est son fardeau ».ix

    Que la moitié d'un grand peuple puisse s'identifier à la fois à ce surhomme et au Christ! Chose impossible et pourtant vraie.

     Il y a vraiment lieu de craindre que l'appauvrissement et l'abaissement de la classe moyenne aux États-Unis ne conduisent à un fascisme qui n'aurait rien à envier à celui de l'Europe du début du XXe siècle. Cette crainte est amplement justifiée par une partie du message que dans La révolte d'Atlas Ayn Rand destine aux ouvriers et autres moins que rien. « Vous proposez d'établir un ordre social fondé sur le principe suivant : que vous êtes incapables de diriger votre vie personnelle, mais capables de diriger celle des autres; que vous êtes inaptes à vivre librement, mais aptes à devenir des législateurs tout puissants; que vous êtes incapables de gagner votre vie en utilisant votre intelligence, mais capables de juger des hommes politiques et de les désigner à des postes où ils auront tout pouvoir sur des techniques dont vous ignorez tout, des sciences que vous n'avez jamais étudiées....» x

    Est-il possible d'imaginer une pire condamnation de la démocratie? Ayn Rand répliquerait sans doute que le respect de la liberté de l'autre est le socle de sa pensée. Je dois traiter l'autre, comme je voudrais être traitée moi-même. C'est le dogme central du néo-libéralisme, si proche de l'objectivisme de Ayn Rand. En réalité, réduire l'homme à cette liberté abstraite, rationnelle, du joueur dans la théorie des jeux c'est en faire une chose, à l'égard de laquelle on n'aura aucune obligation. On présume que le joueur opte en toute situation pour son intérêt personnel, mais rien d'autre n'a vraiment d'importance en lui, rien n'est sacré, et s'il n'est pas assez fort pour s'imposer face à un interlocuteur avide, il n'aura qu'à devenir son esclave, sa chose.

    Ayn Rand a beau mépriser les intellectuels, elle fait pourtant partie de leur caste, ce qui rend d'autant plus étonnante l'excellente réputation dont elle jouit auprès des membres du Tea Party, dont « l'anti intellectualisme, selon Suzan Jacoby, n'est pas seulement une vague, mais une inondation. L'inondation est telle que Mitt Romney doit s'abstenir de montrer qu'il parle une langue satanique, une langue d'intellectuels, le français ».

    Dans un tel contexte, chacun évidemment a raison, toutes les interprétations de la Bible s'équivalent et sont également dignes de foi, à condition qu'elles n'émanent pas du chef des catholiques. Et voici la nouvelle tour de Babel : une foule d'interprétations de la Bible aussi personnelles … et aussi délirantes les unes que les autres. « Une enquête récente effectuée par Time et CNN révèle que 36% des Américains croient que la Bible est la parole de Dieu et qu'elle doit être prise au pied de la lettre. 59% sont persuadés que les événement prédits dans l'apocalypse arriveront. Près d'un américain sur quatre estime que le 11 septembre a été annoncé dans la Bible.[...] Encore plus significatif : plus d'un tiers des Américains sont en faveur d'une politique de soutien à Israël parce qu'ils croient que Jésus reviendra sur terre le jour où les Juifs posséderont leur propre pays en Terre Sainte »..xi

    À force de se faire dire qu'ils sont égaux en droit, ce dont les assure leur constitution, les Américains ont acquis la conviction qu'ils sont égaux en fait, ce qui ne les empêche pas de très bien s'accommoder de l'inégalité liée à l'argent. C'est que l'argent, tel qu'il leur est présenté, n'est pas une inégalité de naissance, inscrite dans la nature, tel le génie et la beauté, mais le fruit du mérite personnel. Le produit intellectuel le plus typiquement américain fut sans doute la psychologie béhavioriste, laquelle postule qu'à sa naissance l'être humain est une table rase, que tout en elle se construit par la suite par voie de conditionnement. Si admirables que soient les efforts que certains d'entre eux font pour la protéger, les Américains détestent la nature, parce qu'ils y voient, consciemment ou non, la cause des inégalités auxquelles ils ont cru échapper à jamais en fuyant l'Europe pour la terre promise d'outre Atlantique.

    Si tant d'américains se reconnaissent en Ayn Rand, s'ils estiment qu'elle trouve les mots pour les dire tels qu'ils se voient, ne serait-ce pas parce qu'elle voit un ennemi aussi bien dans la nature que dans le prochain, l'autre, lequel ne peut être pour elle, dans sa course rationnelle vers l'argent, qu'un rival ou un esclave. L'univers et l'homme ne sont que des moyens. Le fait que le philosophe Emmanuel Kant soit le philosophe qu'Ayn Rand déteste le plus devient hautement significatif puisqu'on peut dire de Kant qu'il associe l'ordre de l'univers à l'ordre moral conduisant au respect de l'autre. « Le ciel étoilé au-dessus de ma tête la loi morale dans mon coeur ».

    Nous quitterons Ayn Rand sur ce commentaire de Nicole Morgan qui la résume bien : « L'État fondateur du droit universel! Ayn Rand attaque ce fondement parce que selon elle, les individus n'ont aucun droit, sinon celui d'être libre de produire. Kant parle d'un droit fondé sur un altruisme pur, dont il fait un sentiment moral universel, sentiment qu'elle rejette absolument : ''et quant à la version kantienne de la moralité, explique-t-elle, elle est appropriée pour le genre de zombies qui habiteraient un univers kantien : un univers d'altruisme abject. Pour Kant, une action n'est morale que si elle n'est pas désirée, mais accomplie par devoir pour le devoir, sans bénéfice d'aucune sorte, matériel ou spirituel. Un bénéfice détruirait la valeur morale de l'action.'' xiiC'est une hérésie pour Rand qui déclara donc que Kant était ''l'homme le plus maléfique de l'histoire de l'humanité'' ».xiii

    iNicole Morgan, La haine froide, à quoi pense la droite américaine?, Seuil, Paris, 2012.

    iiIbid. p.54

    iiiIbid. p.54

    ivIbid. p.57

    vIbid. p. 14

    viIbid. p.39

    viiIbid. p.179

    viiiIbid. p.180

    ixIbid. p.52

    xIbid, p.53

    xiIbid. p.200

    xiiIbid p.61

    xiiiIbid. p.61

     

     

    Date de création: 2012-09-30 | Date de modification: 2013-01-21

    Informations

    L'auteur
    Éditeur de l'Encyclopédie de l'Agora sur Internet

    Date de création:
    2012-09-30
    Dernière modification:
    2013-01-21
    Extrait
    Il y a vraiment lieu de craindre que l'appauvrissement et l'abaissement de la classe moyenne aux États-Unis ne conduisent à un fascisme qui n'aurait rien à envier à celui de l'Europe du début du XXe siècle. Cette crainte est amplement justifiée par une partie du message que dans La révolte d'Atlas Ayn Rand destine aux ouvriers et autres moins que rien.«Vous proposez d'établir un ordre social fondé sur le principe suivant : que vous êtes incapables de diriger votre vie personnelle, mais capables de diriger celle des autres; que vous êtes inaptes à vivre librement, mais aptes à devenir des législateurs tout puissants; que vous êtes incapables de gagner votre vie en utilisant votre intelligence, mais capables de juger des hommes politiques et de les désigner à des postes où ils auront tout pouvoir sur des techniques dont vous ignorez tout, des sciences que vous n'avez jamais étudiées....» x

    Documents associés


    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homovivens en devenant membre ou en faisant un don.

     



    Flux RSS:

    Les Dossiers

    Savoir vie garder

    Le nom de Néfertiti signifie «la belle est arrivée». La racine néfer et ses dérivés décrivent les aspects positifs et moteurs de la vie, au premie...
    Voici comment en 1968, Jacques Mousseau présentait Alan Watts dans la revue Nouvelle Planète« À travers l’œuvre d’Alan Watts court la préoccupation ...
     L'homme se rapprochera-t-il de l'animal, comme plusieurs semblent le souhaiter, ou s'assimilera-t-il  complètement à la machine comme les transhumanistes l'incitent à l...
    La déshumanisation  est indolore. Nous conversons tous les jours avec des robots sans en souffrir le moins du monde. On nous annonce l’utérus artificiel pour demain, nous d&ea...
    Colloque Vivre ou fonctionner Sous-titre : L’incarnation comme remède aux maux de la planète et de l’humanitéTranshumanisme, règne de la quantit&eacut...
     Chers américains, autant vous êtes insuportables, terrifiants même quand vous vous assimilez aux robots et rêvez d’une immortalité sur disque dur, autant vo...
     Ce texte fait partie d'une série d'articles regroupés sous le titre général de Quatre articles convergeant vers la critique du narcissisme.Aux origines de la dé...
    Comment faire en sorte que nos écoles forment des êtres vivants? Comment éduquer pour la vie? En éduquant par la vie.Ce qu'a fait le fondateur du collège de la Pocati...
    Par Jean Onimus « Enthousiasme, Oh! mot aux grandes ailes, mot affolant qui fait battre le cœur à grands coups, mot qui enlève, exalte, emporte, arrache vers les é...
    Esthétique et education réflexion à partir de l’éducation esthétique de Schillerpar Chantal LapointePremière partie« L’utilité est la...
    Frédéric Back ou la vie plus forte que l’envie, par Jacques Dufresne Mort de notre ami Frédéric Back, la veille de Noël 2013, juste avant une fête semblabl...
     BACHELARD, UNE ANTHROPOLOGIE DE L’HOMME INTEGRAL  par Jean-Jacques Wunenburger *Quand les nombres et les figuresNe seront plus la clef de toute créature,Quand, par les cha...
    Joseph Weizenbaum (né à Berlin le 8 janvier 1923 et mort à Berlin le 5 mars 2008) est un informaticien germano-américain. Il fut professeur émérite d'informat...
     par Hélène Laberge « En matière d'art, l'érudition est une sorte de défaite : elle éclaire ce qui n'est point le plus délicat, elle ap...
    « L'homme, exilé sur la terre, est maintenant exilé de la terre ».G.T.En 1998, je publiais Après l'homme le cyborg? C'était un cri d'indignation accompagn&eacut...
    Quel est la responsabilité du géographe dans l’éloignement de l’homme par rapport à la terre, un éloignement créateur d’indifférence ...
    «Un jour comme celui-ci, je prends conscience de ce que je vous ai dit en cent occasions – que le monde est très bien comme il est. Ce qui ne va pas, c’est notre manièr...
    La Ferme Berthe-RousseauPour vous y rendre (1), faites très attention à l'écriteau indiquant Moulin de la laine, tout de suite à droite vous traversez un petit pont de bois...
    Naissance de la musiqueLa musique n'a plus de frontières. Orphée ne chantent plus seulement pour Euridyce, il charme tous les hommes. Ceci grâce aux progrès accomplis dans l...
    «Un bon esprit doit ressembler à une broussaille plutôt qu'à un herbier.» AlainExiste-il une vie intellectuelle? Pas au sens d’occupation, de travail, d’act...
    Voici un texte essentiel sur cette vie subjective, que nous appelons souvent la vie comme qualité sur ce site.« La vie subjective d'un côté, la réalité physique...
     L’art d’imiter la natureLe biomimétismeAndrée Mathieu et Moana LebelÉditions MultiMondes, 2015Commentaire de Jacques DufresneSi vous aviez cherché biomim&...
    Pierre Bertrand, philosophe québécois prolifique est l’invité de la Compagnie des philosophes à sa rencontre du dimanche 1er février 2015. Nous profitons de l&...
     Certains articles de journaux, rares il est vrai, sont des événements qui marquent un tournant de l’histoire ou un changement de mentalité. C’est le cas de l&rsq...
    par Jacques Grand'Maison« Si le mot que tu veux ajouter n'est pas plus beau que le silence, retiens-le », disait un mystique soufiste.Présence et silence s'appellent l'un l'autre. S...
    Nous étions amis, nous avions vingt ans, nous avions lu Nietzsche, nous étions implacables. Le conférencier devant nous, sûr de posséder la vérité, plus...
    Notre dossier de la rentrée La radicalité consiste à remonter jusqu’à la racine d’un mal pour en trouver le remède, l’extrémisme (comme...
     Deathist. C’est le mot que le Ésope du transhumanisme, le suédois Nick Bostrom, utilise pour fustiger ceux qui de Socrate à Rilke ont fait de la mort une alliée...
    UN SIÈCLE DE PENSÉES CONVERGENTESC’est le climat qui est le sujet de la conférence de Paris et c’est la question de la limite qui en sera l’enjeu principal : lim...
    Pays, paysan, paysage Suite aux élections québécoises du 7 avril dernier, marquée par la défaite du Parti québécois et de son projet souverainiste...
    PENSER LA SCIENCE L’analyse du rôle joué par la science dans la société contemporainepar Ber...
    Crise économique, réchauffement climatique, événements extrêmes, pic pétrolier, pic de la plupart des métaux. Suivrons-nous le conseil de Sén&egr...
    La question du rythme que nous abordons ici est complexe et peut conduire à des excès, ce dont il faut être bien conscient. Nous nous limitons ici à une introduction dans le...
    Ne pas confondre avec signes vitaux. Quand une personne nous donne signe de vie, elle ne nous décline pas l'état de ses signes vitaux : température, pouls, respiration et pression...
    Cet article de Françcois Tremblay sur l'art naîf et sur l'oeuvre de Solange Hubert, a d'abord paru dans MAGAZINART, été/automne 2011.« Art naïf, art populaire, ar...
     Les idéologies du sportpar Gabor Csepregi               Gabor Csepregi, athlète et philosophe, est l’aut...
     Les idéologies du sportpar Gabor Csepregi               Gabor Csepregi, athlète et philosophe, est l’aut...
    Au moment oû les hommes considéraient la terre comme un lieu de passage, ils y construisaient pour l'éternité; ils l'ont transformée en terrain de camping à p...
    L’automobile est rarement un objet de réflexion, même si elle occupe dans nos vies et sur notre planète une place démesurée. Réfléchir sur une cho...

    L'emmachination

    Quel est, se demandait René Dubos, l'envers de cette extraordinaire adaptabilité qui est pour les humains un avantage indiscutable par rapport aux autres espèces? Il y a, ré...
    La toxine botulique ou botox est produite par la bactérie Clostridium botulinum laquelle est une molécule paralysante et le plus puissant poison connu à ce jour. Les ophtalmologis...
    Désincarnation. Ce mal indolore, invisible et silencieux résulte de la montée du formalisme dans une civilisation ou une personne. L’accès à la propriét...
    L'emmachination est le fait, pour un être vivant de s'assimiler à la machine. Pour ce qui est de l'être humain, elle est le contraire de l'incarnation. L'incarnation est la tendance...
    Google vient d’adhérer au transhumanisme. Faut-il s’en étonner? Son siège social est voisin de la Singularity University fondée par Ray Kurzweil.La dénat...
    Humanisé par votre portable?Par Jacques DufresneIl porte trois noms en français. Vous l’appellerez cellulaire si vous avez le sentiment qu'il vous enferme dans une cellule, mobile ...
     Les insectes dans l'Encyclopédie de l'AgoraLe point sur le déclin des insectes
     L’euthanasie et la PMA en contexte Relier pour comprendre On peut certes isoler une plante et l’étudier en laboratoire, mais on ne la connaîtra complète...
    La PMA ou la médecine sans limitesPar Jacques Dufresne Ovules importés des États-Unis par catalogue, mère porteuse sollicitée en l’absence de tout encadre...
    Dans la perspective de ce portail Homo Vivens, le chiffre et l'argent sont indissociables. Ce sont des signes dont l'importance croissante, démesurée, réduisent l'homme et ses sen...
    Stéphane StapinskyLe texte suivant, extrait d’un document intitulé  « Trois jours chez les transhumanistes » produit par l’équipe du site Pi...
    Tout le monde, ou presque, emploie maintenant les mots conscience et intelligence aussi bien à propos des ordinateurs que des humains et en tenant pour acquis qu'il s’agit des mêmes...
    On a accès à un nombre croissant de nouvelles devant lesquelles on se demande comment les évoquer, pour les critiquer, sans obtenir l\'effet contraire : qu'on en parle davantage d...
     La médicalisation est la prise en charge systèmatique de la santé des gens par des experts appartenant à la profession médicale.Ce phénomène aujo...
    De hatsu premier son et miku futur, Hatsune Miku est une chanteuse ayant toutes les caractéristiques d'une diva sauf une : la vie. Elle est un hybride composé d'une voix synthétiq...

    La robotorie

    Dans l'état actuel des choses, en janvier 2012, nous nous opposons énergiquement au déploiement d'un réseau de compteurs d'électricité ''intelligents'' au Qu&...
    En 1965, dans le cadre des Rencontres internationales de Genève, eut lieu un colloque mémorable intitulé Le robot, la bête et l'homme. Entre autres, Jacques Monod, Ernest An...
    Par analogie avec animalerie et ménagerie. L'animalerie évoque l'entière soumission de l'animal à l'homme, elle est cette antichambre du laboratoire où les animaux u...

    La nouvelle espèce

    Ce livre, paru en 1999, est l'une des premières réflexions en langue française sur cette question du posthumanisme devenue depuis un sujet majeur. Il a été éc...
    Article de l'Encyclopédie de DiderotAUTOMATE, s. m. (Méchaniq.) engin qui se meut de lui-même, ou machine qui porte en elle le principe de son mouvement.Ce mot est grec αὐτόμ...
    De nombreux scientifiques, dont plusieurs sont à l’origine de l’ordinateur et d’Internet, ont tantôt réclamé, tantôt proclamé l’av&egrav...
    Pour une vue d'ensemble de la question, nous vous invitons à consulter le dossier eugénisme de l'Encyclopédie de l'Agora.On a cru un moment, en Occident du moins, que l'eugé...
    Crise économique, réchauffement climatique, événements extrêmes, pic pétrolier, pic de l'or, pic du cuivre, pic du fer... Face à ces limites, le d&eacut...
    L’IA (intelligence artificielle) et le transhumanisme forme un couple solide. On imagine mal un transhumaniste qui ne serait pas aussi un inconditionnel de l’IA; quant aux spécialis...
    Les Jeux Olympiques dans l'Antiquité (Pierre de Coubertin, 1863-1937)«Il est probable que la création des Jeux Olympiques fut due aux Pisates, premiers possesseurs de la vallée de l'Alphée. Mais les O...
    Voici un texte écrit en 1995 qui éclaire de façon singulière les questions que nous soulevons dans ce portail Homovivens.« Progrès accéléré...
    Plus l'humain ressemble au robot plus il se reconnâit en lui; ce qui aide à comprendre pourquoi une comparaison entre l'homme et le robot qui aurait provoqué l'indignation de Berna...
    Nos rites funéraires sont en crise, il y a de moins en moins d’inhumation, de plus en plus de crémation, les cérémonies de funérailles, quand il y en a, ont pa...
    Nous retenons ici les deux principaux sens que le FLF donne au mot anticipation« A.− [L'anticipation concerne une action] Réalisation de cette action avant le moment attendu ou pr&e...
    Texte à venir
    Dans l’histoire des ordinateurs, le mathématicien anglais Alan Turing a joué un rôle de premier plan. On lui doit notamment la machine qui porte son nom. Il s’agit d&rs...
    Le concept de posthumanisme est encore flou. Pour le moment chacun peut lui donner le sens opposé à celui qu'il donne au mot humanisme, ce qui nous autorise à prendre notre propre...
    Selon Ray Kurzwei, avec l'avènement de l'ordinateur, l'homme se précipite vers un nouveau big bang programmé pour éclater en 2045. Il a même donné un nom &agra...
    Der Spiegel en guerre contre la Silicon ValleyLa vallée de l’avenir…de l’humanité?¿Quién manda en el mundo? Qui commande,1 qui commandera dans le monde, ...
    Les définitions qu'on trouvera plus loin dans cette page, remonte à 2008. Le mouvement transhumaniste, si c'est le mot qui convient, a progressé si rapidement que c'est cette d&ea...