• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition

    De saveurs en valeurs

    Définition

     Chers américains, autant vous êtes insuportables, terrifiants même quand vous vous assimilez aux robots et rêvez d’une immortalité sur disque dur, autant vous êtes attachants, attendrissants , sans pourtant cesser d’être typiquement américains, quand vous redécouvrez simultanément la bonne cuisine et la bonne agriculture locale.

     Dan Barber, le patron du Blue Hill à Greenwich village, est l’un des chefs cuisiniers les plus réputés des États-Unis, un malentendu ayant fait de lui au début de la décennie 2000 l’un des leaders du mouvement «de la ferme à l’assiette». Son gérant et lui aimaient à ce point les asperges en saison qu'un jour ils en ont commandé chacun de leur côté beaucoup plus qu'ils ne pouvaient en servir selon les recettes du restaurant. Les cuisiniers reçurent ce jour-là un mot d’ordre déconcertant : mettez des asperges dans tous les plats. Génial, s’exclama un critique culinaire réputé! Il était persuadé que ce tout à l’asperge, apprécié de la clientèle, était intentionnel. Dan Barber venait de faire son entrée solennelle dans la confrérie de la ferme à l’assiette.

     Un tel point de départ annonce un point d’arrivée exceptionnel. Dan Barber nous dit comment il l’atteindra dans Third Plate[1] un livre qu'il vient de publier, dans le but de faire écho, en les prolongeant, aux travaux de Michael Pollan sur la nourriture et ceux de Wendell Berry sur l’agriculture. Le premier plat évoqué, c’est le bifteck de sept onces, servi avec une once de légumes. Nous sommes encore dans cette Amérique qui ignore que le sol, fût-il yankee, s’épuise quand on le fatigue. Le second plat c’est celui de la nouvelle cuisine : le même bifteck mais en petite portion, accompagné de portions égales de légumes variés, le tout servi dans une assiette rappelant un tableau de Joan Miro.

     Le troisième plat (je prends la liberté de l’appeler le plat du pauvre, car c’est bien ce qu'il est, même s’il est plus savoureux que ses deux ancêtres), peut prendre les formes les plus diverses, dont celle du Rotation Rizotto, lequel a déjà une longue histoire. Dan Barber est de ceux qui sont persuadés que ce sont les changements dans les habitudes alimentaires qui, tôt ou tard,  entraîneront les changements, devenus nécessaires, en agriculture. Force est toutefois de constater, et il est le premier à le reconnaître, que la mode du biologique et le mouvement de la ferme à l’assiette, n’ont provoqué aucun changement majeur dans le rapport des américains avec le sol. Pourquoi? Ses fréquentes visites à la ferme de Klaas Martens, dans la vallée de l’Hudson, lui permettront de le découvrir.

     Comme tout bon chef, il avait l’habitude de rechercher les meilleurs produits, mais sans tenir compte du contexte qui les rend possibles. C’est ainsi qu'il était devenu un adepte d’un blé ancien redécouvert et ré apprivoisé par Klaas. Croyait-il ou feignait-il de croire qu'un tel blé peut atteindre le sommet de sa qualité tout en étant cultivé dans le même champ année après année? Lors d’une visite à la ferme Klaas il fut bien étonné de ne voir dans les champs que du sarrasin, de l’orge, de la moutarde, du mil, du seigle et diverses autre plantes, mais pas de blé. Klaas dut l’initier à la rotation des cultures. Il le mit ainsi sur la piste de la cuisine réticulaire.

     La cuisine réticulaire

     Réticulaire: en réseau. La pensée et la cuisine de Barber – et le lien entre les deux est une fort belle chose – gravitent autour de cette observation du naturaliste John Muir: «Quand nous essayons de choisir une chose en l’isolant, nous constatons qu'elle est rattachée à toutes les autres choses dans l’univers.»[2] Commentaire de Barber:« John Muir, qui décrit la façon dont toute chose dans la nature est rattachée à toutes les autres choses dans l’univers, n’aurait pas dit la même chose de notre système alimentaire actuel. Parce que ce système est déconnecté. Il fonctionne en silos : légumes ici, animaux là, grains ailleurs. Chaque partie constitutive est séparée à la fois des autres et de toute culture digne de ce nom.»[3]

     Par son rotation rizotto (sans riz), où il a rassemblée une douzaine de plantes de transition vers le blé, Barber a voulu montrer qu'il était possible de faire de la bonne cuisine en reliant les plats les uns aux autres comme les plantes sont reliées entre elles dans la nature. En préparant ainsi l’avenir il renouait avec le passé, nous rappelant au passage le lien qui existe entre le fromage et le jambon de Parme : c’est le petit lait du fromage servi aux porcs qui donne au jambon son goût unique. C’est cette culture qu'il s’efforce d’acclimater aux États-Unis, terre de cocagne, où il allait presque de soi qu'on isole les produits de la terre les uns des autres pour mieux les gaspiller. Une fois le bifteck de sept onces dans l’assiette qu'importe le reste! Dans cette Amérique de l’abondance, et au Québec notamment, on traite les poissons d’eau douce de la même manière : on mange la truite, et, à la rigueur le doré et le brochet, mais on n’a que mépris pour la carpe et ce qu'on appelle le poisson fourrage, omni présent dans nos centaines de milliers de lacs. Avis à Dan Barber, la bouillabaisse du Nord est encore à inventer. Je peux en témoigner après une fréquentation assidue de nos lacs : une ouitouche fraîche (l’un des nombreux noms donnés au poisson fourrage) a bien meilleur goût qu'une truite d’élevage.

     Revenons plutôt au lien entre l’évolution de la cuisine et celle de l’agriculture. En achetant les plantes de transition pour en faire du rotation rizotto, Dan Barber rentabilise le travail de Martin Klaas. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Avec de l’orge on peut obtenir du malt et avec du malt on peut fabriquer de la bière, à la condition qu'il y ait des micro brasseries dans les environs, ce qui est le cas dans l’État de New York en ce moment. Le Blue Hill ajoutera donc à son menu de la bière tirée de l’orge de Klaas. Ce dernier a vite compris qu'il avait intérêt à confier aux porcs et à la volaille le soin d’enrichir sa terre après avoir dégusté les tiges du blé ou picoré les grains tombés. Voilà autant de nouveaux plats pour le Blue Hill et des revenus imprévus pour la ferme.

     Ne servir que le jambon dans le porc, c’est de la cuisine facile. Dan Barber a aussi retenu de la tradition européenne le principe du nose-to-tail eating; il a compris que les bas morceaux ne sont méprisables que dans l’esprit des personnes incultes, que l’art les transforme en plats savoureux:depuis les oreilles de cochon, les pattes du même cochon, les rognons de veau et les amourettes d'agneau! Suprême raffinement : on n’utilisera les produits de luxe comme le jambon, le fromage, l’oeuf que d’une façon infinitésimale pour faire le meilleur des spaghettis, le carbonara, ainsi nommé en souvenir des mineurs dont il était le pain de chaque jour.

     Rien ne se perd, tout se crée

    Rien ne se perd, tout se crée. Respect du sol vivant, respect de l’être humain qui le cultive, respect de ses produits. Le respect des animaux va de soi dans ces conditions. Tout se tient en effet et Dan Barber achèvera de nous en convaincre en nous révélant l’existence d’un foie gras obtenu sans gavage, mais plutôt offert aux humains qui en sont dignes par un animal qui jusque là n’avait pas la réputation d’être très intelligent : l’oie.

    Voici à propos de l’oie et du foie gras un passage d’un livre, paru en 1862, l’Ancienne Alsace à table, [4]qui illustre bien la vision du monde qui aboutira à la monoculture, aux parcs d’engraissement et à l’obésité du XXe siècle. L'animal y est décrit comme une machine :

     «Que l'oie grasse continue son rôle important, je ne m'en plaindrai pas. Tous les goûts sont respectables, même celui-là. […] Cela ne prouve rien. Mais l'oie a droit à nos plus solennels hommages si nous ne voyons plus en elle que l'admirable machine (sic) qui élabore et produit la succulente substance connue sous le nom de foie gras. Ne reportez pas votre reconnaissance à la nature (resic) ; elle n'est pour rien dans le miracle. La nature a créé ce viscère pour séparer le sang de la bile, rien de plus. C'est l'homme, c'est la civilisation, qui a su en faire des pâtés dont la puissance a tant influé sur le destin des empires. La vapeur n'est rien ; mais Papin l'enferme et le monde est changé. Qu'est-ce qu'un fil de cuivre? Une tringle de métal inerte : mais allongez ce fil et vivifiez-le par l'électricité, il dira à l'autre bout de la terre votre pensée à peine achevée. Il en est de même de l'oie. L'animal n'est rien ; mais l'art de l'homme en a fait un instrument (reresic!) qui donne un résultat délicieux, une espèce de serre chaude vivante où croît le fruit suprême de la gastronomie. »

     Dan Barber connaissait bien le jamon iberico, incontestablement le meilleur jambon du monde à ses yeux. Il admirait la tradition vieille de deux mille ans qui en fait un produit que personne n’a jamais pu imiter. La tradition est elle-même indissociable d’un paysage appelé dehesa : une région d’Estrémadure couverte de chênes assez espacés pour donner accès au soleil à une végétation variée. Des glands tombent de ces chênes chaque automne. On devine la suite. Barber ignorait toutefois que dans cette même région vivaient les oies les plus heureuses et peut-être aussi les plus intelligences du monde. On disait même qu'elles donnaient, naturellement, un foie gras supérieur à celui de la Gascogne. La chose paraissait si incroyable que Dan Barber fit le voyage vers la ferme d’un certain Eduardo Sousa, héritier, en ce qui a trait aux oies, d’une longue tradition familiale.

     Son propos nous ramène à l’époque, il y a quatre ou cinq siècles, où l’homme n’avait pas encore pris le contrôle de l’élevage et la reproduction des animaux de la ferme : porcs, mouton, chèvres, vaches, poules, canards, oies. Il était l’ami de ses bêtes plutôt que leur maître, il les connaissait, les nommait, les aimait, il assurait leur sécurité et les guidait vers les lieux où ils trouveraient leur nourriture préféré. Une fois devenu leur maître, il a accru leur rendement, ce qui lui a permis de nourrir un plus grand nombre d’humains mais il n’a su le faire qu'en les traitant comme des esclaves d’abord, puis comme des machines : nous avons évoqué le gavage des oies mais les parcs d’engraissement, pour le boeuf et le mouton sont une autre forme de gavage, une autre façon de réduire ces animaux à une passivité qui les rend stupides : leur plaisir et j'oserais dire leur honneur est de chercher par monts et par vaux l’herbe dont ils ont le goût et le besoin à tel moment de l’année ou du jour. On les bourre plutôt de céréales, de maïs surtout, alors que ce sont des herbivores, leur viande devient ainsi plus grasse, leur immobilité dans le confinement les expose aux maladies et aux médicaments. L’effet boomerang ne se fait pas attendre : l’espace humain du voisinage devient lui aussi un parc d’engraissement. Aux États-Unis et dans une moindre mesure, dans les pays qui évoluent dans leur sillage, l’obésité est devenue u

    Ce n’est pas seulement la recherche bien légitime de saveurs exquises, c’est une volonté de remonter jusqu’à la racine d’un mal de civilisation qui incite Dan Barber à traverser l’Atlantique pour parfaire sa culture auprès d’un gardien d’oies. Un animal heureux, libre, adapté à son environnement vous donnera une nourriture plus saine qu'un animal traité comme une machine. Aucun berger, aucun porcher, aucun vacher, aucun chevrier n’en a jamais douté. Sûr de son goût, avec raison, Dan Barber n’en doute pas non plus : le foie gras des oies d’Eduardo est de tout premier ordre. Pour se préparer à l’hiver – et l’hiver est rude en Estrémadure – ou à la migration, les oies ajoutent des réserves de gras à leur organisme. Si à ce moment elles sont heureuses et si elles ont abondance de nourriture autour d’elles, de glands en particulier, elles deviendront plus grasses et leur foie grossira en s’entourant lui-même d’une épaisse couche de gras, ce qui le distingue du foie des oies gavées, lequel est pur gras. Un des signes à quoi on reconnaît  des oies domestiques heureuses, c’est que les oies sauvages de passage se joignent souvent à elles. On imagine mal un sanglier désirant partager le sort de ses cousins entassés dans une porcherie sans fenêtres. On imagine plutôt l’un ou l’autre de ses cousins profitant de la moindre occasion pour s'évader de sa prison.

     Une vache a réussi un exploit semblable au Missouri en 1998. Elle s’est enfuie d’un abattoir situé près de Smithville Lake, courant dans les rues, empruntant la voie ferrée à l’occasion, pour enfin se jeter dans le lac qu'elle a traversé sans hésiter, telle une championne du triathlon. J’ai trouvé le récit de cette héroïque évasion dans un livre à lire immédiatement avant ou après cet article : The Third Plate, Eating animals, par Jonathan Safran Foer[5], lequel a ce mot à faire rêver bien des humains : «At the very least, she seemed to know what she was swimming from. (Le moins qu'on puisse dire,  c'est qu'elle savait qu'elle nageait vers la liberté).

     Dans la grande balance planétaire, l’élevage et l’agriculture industriels ont mis sur un plateau le burger et ses protéines à la portée de milliards d’êtres humains, mais à un triple prix :  un junk food qui provoque l’obésité, des monocultures et des produits chimiques qui appauvrissement les sols et les exposent à l’érosion et enfin une émission de gaz à effet de serre,  cause d’événements extrêmes de plus en plus coûteux.

     Sur l’autre plateau, celui de Dan Barber : une solidarité accrue entre le gastronome, le chef et le paysan, puis entre le paysan, sa terre et ses animaux, le tout soutenu par la conviction que l’homme a encore tout à apprendre de la nature. Mais ici aussi, il y a un triple prix à payer : un choix limité aux produits des saisons et des lieux, une plus grande part du budget familial consacré à la nourriture, une réduction de la consommation de viande, au profit des céréales, des légumes et des fruits.

     Dan Barber n’est pas un nostalgique, il s’inscrit en effet dans le courant du biomimétisme, école de pensée selon laquelle la plus fine technologie, celle dont les hommes auront besoin pour survivre sur la planète, résulte d’une meilleure compréhension de la nature et d’une plus grande obéissance à ses leçons. Commencez donc par observer les animaux pour savoir ce qu'ils aiment manger. Il y a plus de vraie science dans cette attitude que dans celle qui consiste à imposer aux animaux une nourriture et un mode de vie à partir de considérations exclusivement économiques.

     À ceux qui reprocheraient à Dan Barber d’être un romantique élitiste, on pourrait répondre : si vous êtes incapables d’aimer la terre et les bêtes pour elles-mêmes, respectez-les donc par amour pour vos frères humains. Dis-moi comment tu traites ta terre et tes animaux et je te dirai comment tu traites tes semblables. Il y aura toujours des exceptions à cette loi et on ne pourra jamais en donner une démonstration matémathique. Il reste qu’une multitude de faits la corroborent.

     Dan Barber est un modéré par rapport à son ami Wes Jackson, lequel met en question la révolution agricole survenue il y a dix mille ans. Ce blé que ses compatriotes arrachent à la terre à si grands frais pour le sol, le climat et les aquifères, il s’est donné pour mission de réapprendre à la prairie américaine à le laisser pousser spontanément. Wes Jackson, récipiendaire du Nobel alternatif en 2000, autre auteur à lire [6]pour découvrir cette science réparatrice devenue nécessaire pour réparer les dommages causés par la science conquérante des derniers siècles.

     Dan Barber, disions-nous, demeure typiquement américain. Il donne le sentiment que ce qui est nouveau  à ses yeux, habitués aux monocultures et au parc d’engraissement  l’est aussi pour le reste du monde, ce qui faux, évidemment : il y encore même en Europe des bergers et des chevriers qui paître leurs bêtes comme on le fait dans la dehesa. Il n’empêche que les témoignages comme le sien sont d’une extrême importance à un moment où de gré et de force, l’Afrique et d’autres régions pauvres du monde, se convertissent au modèle américain, oubliant que ce modèle, insoutenable de toute façon à long terme, n’était rentable à court terme que parce que le pétrole et le gaz naturel ne coûtaient pratiquement rien. Il est bon aussi que quelqu’un, surtout si ce quelqu’un est un américain et un chef cuisinier célèbre, rappelle à nos contemporains l’importance de la culture et du temps, de la lenteur Un aménagement comme celui de la dehesa ne s’improvise pas. Plutôt que de se substituer aux cultures et à l nature, la technoscience devrait humblement  se mettre à leur école et à leur service. L’asepsie a permis par exemple de porter le fromage fermier à un plus haut degré de perfection. Voilà un vrai progrès. L’industrialisation de l’ensemble du processus, depuis le confinement des bêtes jusqu’à la production à grande échelle eu pour effet de faire du fromage un aliment neutre et mort, parfait symbole du faux progrès. Tel est le message essentie de Dan Barber. Est-ce la raison pour laquelle, en 2009, le Time Magazine l'a placé sur sa liste des 100 personnes les plus influentes dans le monde.

    [7]



    [1]The Penguin Press, New York, 2014

     [2]When we try to pick out anything for itself, we find it hitched to everything else in the universe

     [3]Dan Barber, The third plate, the Penguin Press, New York, 2014, p. 423

     [4]Bibliothèque S.J, Les fontaines, Colmar, 1962, p.25

     [5]Little, Brown and Company, New-York, 2009, p.147

                       [6]  Man and the Environment (1971)

    ·                    New Roots for Agriculture (1980)

    ·                    Altars of Unhewn Stone: Science and the Earth (1987)

    ·                    Becoming Native to This Place (1994)

    ·                    Nature as Measure: The Selected Essays of Wes Jackson (2011)]

    ·                     Consulting the Genius of the Place: An Ecological Approach to a New Agriculture (2011)

     

    [7]

    Date de création: 2014-05-30 | Date de modification: 2014-05-31

    Informations

    Date de création:
    2014-05-30

    Dernière modification:
    2014-05-31

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homovivens en devenant membre ou en faisant un don.

     


    Les Dossiers

    Savoir vie garder

    Le nom de Néfertiti signifie «la belle est arrivée». La racine néfer et ses dérivés décrivent les aspects positifs et moteurs de la vie, au premie...
    Voici comment en 1968, Jacques Mousseau présentait Alan Watts dans la revue Nouvelle Planète« À travers l’œuvre d’Alan Watts court la préoccupation ...
     L'homme se rapprochera-t-il de l'animal, comme plusieurs semblent le souhaiter, ou s'assimilera-t-il  complètement à la machine comme les transhumanistes l'incitent à l...
    La déshumanisation  est indolore. Nous conversons tous les jours avec des robots sans en souffrir le moins du monde. On nous annonce l’utérus artificiel pour demain, nous d&ea...
    Colloque Vivre ou fonctionner Sous-titre : L’incarnation comme remède aux maux de la planète et de l’humanitéTranshumanisme, règne de la quantit&eacut...
     Chers américains, autant vous êtes insuportables, terrifiants même quand vous vous assimilez aux robots et rêvez d’une immortalité sur disque dur, autant vo...
     Ce texte fait partie d'une série d'articles regroupés sous le titre général de Quatre articles convergeant vers la critique du narcissisme.Aux origines de la dé...
    Comment faire en sorte que nos écoles forment des êtres vivants? Comment éduquer pour la vie? En éduquant par la vie.Ce qu'a fait le fondateur du collège de la Pocati...
    Par Jean Onimus « Enthousiasme, Oh! mot aux grandes ailes, mot affolant qui fait battre le cœur à grands coups, mot qui enlève, exalte, emporte, arrache vers les é...
    Esthétique et education réflexion à partir de l’éducation esthétique de Schillerpar Chantal LapointePremière partie« L’utilité est la...
    Frédéric Back ou la vie plus forte que l’envie, par Jacques Dufresne Mort de notre ami Frédéric Back, la veille de Noël 2013, juste avant une fête semblabl...
     BACHELARD, UNE ANTHROPOLOGIE DE L’HOMME INTEGRAL  par Jean-Jacques Wunenburger *Quand les nombres et les figuresNe seront plus la clef de toute créature,Quand, par les cha...
    Joseph Weizenbaum (né à Berlin le 8 janvier 1923 et mort à Berlin le 5 mars 2008) est un informaticien germano-américain. Il fut professeur émérite d'informat...
     par Hélène Laberge « En matière d'art, l'érudition est une sorte de défaite : elle éclaire ce qui n'est point le plus délicat, elle ap...
    « L'homme, exilé sur la terre, est maintenant exilé de la terre ».G.T.En 1998, je publiais Après l'homme le cyborg? C'était un cri d'indignation accompagn&eacut...
    Quel est la responsabilité du géographe dans l’éloignement de l’homme par rapport à la terre, un éloignement créateur d’indifférence ...
    «Un jour comme celui-ci, je prends conscience de ce que je vous ai dit en cent occasions – que le monde est très bien comme il est. Ce qui ne va pas, c’est notre manièr...
    La Ferme Berthe-RousseauPour vous y rendre (1), faites très attention à l'écriteau indiquant Moulin de la laine, tout de suite à droite vous traversez un petit pont de bois...
    Naissance de la musiqueLa musique n'a plus de frontières. Orphée ne chantent plus seulement pour Euridyce, il charme tous les hommes. Ceci grâce aux progrès accomplis dans l...
    «Un bon esprit doit ressembler à une broussaille plutôt qu'à un herbier.» AlainExiste-il une vie intellectuelle? Pas au sens d’occupation, de travail, d’act...
    Voici un texte essentiel sur cette vie subjective, que nous appelons souvent la vie comme qualité sur ce site.« La vie subjective d'un côté, la réalité physique...
     L’art d’imiter la natureLe biomimétismeAndrée Mathieu et Moana LebelÉditions MultiMondes, 2015Commentaire de Jacques DufresneSi vous aviez cherché biomim&...
    Pierre Bertrand, philosophe québécois prolifique est l’invité de la Compagnie des philosophes à sa rencontre du dimanche 1er février 2015. Nous profitons de l&...
     Certains articles de journaux, rares il est vrai, sont des événements qui marquent un tournant de l’histoire ou un changement de mentalité. C’est le cas de l&rsq...
    par Jacques Grand'Maison« Si le mot que tu veux ajouter n'est pas plus beau que le silence, retiens-le », disait un mystique soufiste.Présence et silence s'appellent l'un l'autre. S...
    Nous étions amis, nous avions vingt ans, nous avions lu Nietzsche, nous étions implacables. Le conférencier devant nous, sûr de posséder la vérité, plus...
    Notre dossier de la rentrée La radicalité consiste à remonter jusqu’à la racine d’un mal pour en trouver le remède, l’extrémisme (comme...
     Deathist. C’est le mot que le Ésope du transhumanisme, le suédois Nick Bostrom, utilise pour fustiger ceux qui de Socrate à Rilke ont fait de la mort une alliée...
    UN SIÈCLE DE PENSÉES CONVERGENTESC’est le climat qui est le sujet de la conférence de Paris et c’est la question de la limite qui en sera l’enjeu principal : lim...
    Pays, paysan, paysage Suite aux élections québécoises du 7 avril dernier, marquée par la défaite du Parti québécois et de son projet souverainiste...
    PENSER LA SCIENCE L’analyse du rôle joué par la science dans la société contemporainepar Ber...
    Crise économique, réchauffement climatique, événements extrêmes, pic pétrolier, pic de la plupart des métaux. Suivrons-nous le conseil de Sén&egr...
    La question du rythme que nous abordons ici est complexe et peut conduire à des excès, ce dont il faut être bien conscient. Nous nous limitons ici à une introduction dans le...
    Ne pas confondre avec signes vitaux. Quand une personne nous donne signe de vie, elle ne nous décline pas l'état de ses signes vitaux : température, pouls, respiration et pression...
    Cet article de Françcois Tremblay sur l'art naîf et sur l'oeuvre de Solange Hubert, a d'abord paru dans MAGAZINART, été/automne 2011.« Art naïf, art populaire, ar...
     Les idéologies du sportpar Gabor Csepregi               Gabor Csepregi, athlète et philosophe, est l’aut...
     Les idéologies du sportpar Gabor Csepregi               Gabor Csepregi, athlète et philosophe, est l’aut...
    Au moment oû les hommes considéraient la terre comme un lieu de passage, ils y construisaient pour l'éternité; ils l'ont transformée en terrain de camping à p...
    L’automobile est rarement un objet de réflexion, même si elle occupe dans nos vies et sur notre planète une place démesurée. Réfléchir sur une cho...

    L'emmachination

    Quel est, se demandait René Dubos, l'envers de cette extraordinaire adaptabilité qui est pour les humains un avantage indiscutable par rapport aux autres espèces? Il y a, ré...
    La toxine botulique ou botox est produite par la bactérie Clostridium botulinum laquelle est une molécule paralysante et le plus puissant poison connu à ce jour. Les ophtalmologis...
    Désincarnation. Ce mal indolore, invisible et silencieux résulte de la montée du formalisme dans une civilisation ou une personne. L’accès à la propriét...
    L'emmachination est le fait, pour un être vivant de s'assimiler à la machine. Pour ce qui est de l'être humain, elle est le contraire de l'incarnation. L'incarnation est la tendance...
    Google vient d’adhérer au transhumanisme. Faut-il s’en étonner? Son siège social est voisin de la Singularity University fondée par Ray Kurzweil.La dénat...
    Humanisé par votre portable?Par Jacques DufresneIl porte trois noms en français. Vous l’appellerez cellulaire si vous avez le sentiment qu'il vous enferme dans une cellule, mobile ...
     Les insectes dans l'Encyclopédie de l'AgoraLe point sur le déclin des insectes
     L’euthanasie et la PMA en contexte Relier pour comprendre On peut certes isoler une plante et l’étudier en laboratoire, mais on ne la connaîtra complète...
    La PMA ou la médecine sans limitesPar Jacques Dufresne Ovules importés des États-Unis par catalogue, mère porteuse sollicitée en l’absence de tout encadre...
    Dans la perspective de ce portail Homo Vivens, le chiffre et l'argent sont indissociables. Ce sont des signes dont l'importance croissante, démesurée, réduisent l'homme et ses sen...
    Stéphane StapinskyLe texte suivant, extrait d’un document intitulé  « Trois jours chez les transhumanistes » produit par l’équipe du site Pi...
    Tout le monde, ou presque, emploie maintenant les mots conscience et intelligence aussi bien à propos des ordinateurs que des humains et en tenant pour acquis qu'il s’agit des mêmes...
    On a accès à un nombre croissant de nouvelles devant lesquelles on se demande comment les évoquer, pour les critiquer, sans obtenir l\'effet contraire : qu'on en parle davantage d...
     La médicalisation est la prise en charge systèmatique de la santé des gens par des experts appartenant à la profession médicale.Ce phénomène aujo...
    De hatsu premier son et miku futur, Hatsune Miku est une chanteuse ayant toutes les caractéristiques d'une diva sauf une : la vie. Elle est un hybride composé d'une voix synthétiq...

    La robotorie

    Dans l'état actuel des choses, en janvier 2012, nous nous opposons énergiquement au déploiement d'un réseau de compteurs d'électricité ''intelligents'' au Qu&...
    En 1965, dans le cadre des Rencontres internationales de Genève, eut lieu un colloque mémorable intitulé Le robot, la bête et l'homme. Entre autres, Jacques Monod, Ernest An...
    Par analogie avec animalerie et ménagerie. L'animalerie évoque l'entière soumission de l'animal à l'homme, elle est cette antichambre du laboratoire où les animaux u...

    La nouvelle espèce

    Ce livre, paru en 1999, est l'une des premières réflexions en langue française sur cette question du posthumanisme devenue depuis un sujet majeur. Il a été éc...
    Article de l'Encyclopédie de DiderotAUTOMATE, s. m. (Méchaniq.) engin qui se meut de lui-même, ou machine qui porte en elle le principe de son mouvement.Ce mot est grec αὐτόμ...
    De nombreux scientifiques, dont plusieurs sont à l’origine de l’ordinateur et d’Internet, ont tantôt réclamé, tantôt proclamé l’av&egrav...
    Pour une vue d'ensemble de la question, nous vous invitons à consulter le dossier eugénisme de l'Encyclopédie de l'Agora.On a cru un moment, en Occident du moins, que l'eugé...
    Crise économique, réchauffement climatique, événements extrêmes, pic pétrolier, pic de l'or, pic du cuivre, pic du fer... Face à ces limites, le d&eacut...
    L’IA (intelligence artificielle) et le transhumanisme forme un couple solide. On imagine mal un transhumaniste qui ne serait pas aussi un inconditionnel de l’IA; quant aux spécialis...
    Les Jeux Olympiques dans l'Antiquité (Pierre de Coubertin, 1863-1937)«Il est probable que la création des Jeux Olympiques fut due aux Pisates, premiers possesseurs de la vallée de l'Alphée. Mais les O...
    Voici un texte écrit en 1995 qui éclaire de façon singulière les questions que nous soulevons dans ce portail Homovivens.« Progrès accéléré...
    Plus l'humain ressemble au robot plus il se reconnâit en lui; ce qui aide à comprendre pourquoi une comparaison entre l'homme et le robot qui aurait provoqué l'indignation de Berna...
    Nos rites funéraires sont en crise, il y a de moins en moins d’inhumation, de plus en plus de crémation, les cérémonies de funérailles, quand il y en a, ont pa...
    Nous retenons ici les deux principaux sens que le FLF donne au mot anticipation« A.− [L'anticipation concerne une action] Réalisation de cette action avant le moment attendu ou pr&e...
    Texte à venir
    Dans l’histoire des ordinateurs, le mathématicien anglais Alan Turing a joué un rôle de premier plan. On lui doit notamment la machine qui porte son nom. Il s’agit d&rs...
    Le concept de posthumanisme est encore flou. Pour le moment chacun peut lui donner le sens opposé à celui qu'il donne au mot humanisme, ce qui nous autorise à prendre notre propre...
    Selon Ray Kurzwei, avec l'avènement de l'ordinateur, l'homme se précipite vers un nouveau big bang programmé pour éclater en 2045. Il a même donné un nom &agra...
    Der Spiegel en guerre contre la Silicon ValleyLa vallée de l’avenir…de l’humanité?¿Quién manda en el mundo? Qui commande,1 qui commandera dans le monde, ...
    Les définitions qu'on trouvera plus loin dans cette page, remonte à 2008. Le mouvement transhumaniste, si c'est le mot qui convient, a progressé si rapidement que c'est cette d&ea...